CHAPITRE III
Des Femmes
I. Sur la science des femmes. — IL Portée du talent des femmes.
On a, pour ainsi dire, condamné les femmes k une ignorance perpétuelle. Il leur est défendu d'orner leur esprit et de perfectionner leur raison. Notre orgueil a sans doute imaginé ces lois insensées. Comme les femmes nous effacent déjà par les charmes de la figure, nous avons craint qu'elles n'eussent encore sur nous la supériorité des lumières et des talents. Que nous entendons bien mal nos propres intérêts, en les livrant dès leur enfance à la mollesse, au monde et aux préjugés I Nous exigeons qu'elles soient raisonnables et vertueuses; mais le moyen qu'elles le deviennent, si de bonne heure on ne leur imprime des maximes de force et de sagesse?
Se peut-il qu'on élève si mal la plus belle moitié de l'univers ? Ce sexe charmant n'est-il donc fait que pour être l'admiration passagère de nos yeux ? Une pareille éducation nous prive des seuls vrais plaisirs, des plaisirs de l'esprit qu'on goûterait dans leur commerce. Leurs maisons deviendraient autant d'écoles, où les