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Muses seraient en liaison avec les Grâces, où l'on prendrait des leçons de délicatesse et d'arbanité.
Elles puiseraient d'ailleurs dans la lecture des bons livres des principes solides, qui préserveraient peut-être les maris des inconvénients dont ils se plaignent tous les jours. A quels dangers la vie bruyante, frivole et dissipée qu'on mène dans le monde, n'expose-t-elle pas les objets de leur jalouse tendresse?
Quand il ne s'agirait que du bonheur des femmes seules^, ne devrait-on pas, par humanité, leur ménager un avenir agréable et des ressources pour un âge oîi il ne leur est plus permis de plaire. Rien n'est si triste que leur sort, quand elles n'ont su que se faire adorer. Comme on les a accoutumées à n'estimer que les grâces extérieures, dès qu'elles les perdent, elles tombent dans un abandon qui les désespère. Leur chagrin rejaillit sur tout ce qui les environne; l'ennui qui les dévore et l'aigreur qu'il produit en elles rend leur société insupportable.
Si dans leur jeunesse elles avaient pris le goût de la lecture, la privation des plaisirs ne leur laisserait ni vide ni besoin; elles recueilleraient le fruit de leurs études et de leurs réflexions, en se procurant des amusements d'une autre espèce, plus réels et plus durables. Les charmes de leur raison cultivée subjugueraient les esprits, comme les attraits de leur figure avaient dompté les cœurs.
Un auteur espagnol a dit que le livre de Don Quichotte avait perdu la monarchie d'Espagne, parce que, par ses plaisanteries il a diminué la valeur de cette