‹ Les confessions de FréronChapitre 67 sur 189 · Ibid., tome XI, pages 110 et · texte numérisé non relu

Ibid., tome XI, pages 110 et

n'ayant plus de paroles à chanter, a conservé un reste (le dureté que les charmes d'un chant facile et à sa portée auraient, je crois, corrigée peu à peu.

Il en est de même de toutes les nations qui ont préféré la langue italienne à la leur; je suis persuadé qu'elles ont beaucoup perdu du côté de l'enjouement, de la satisfaction, et même du bonheur réel.

L'idiome maternel seul a lo droit de porter les accents de la musique jusqu'au cœur et d'y verser le sentiment du plaisir. L'Italien lui-même, ce peuple si animé, si vif, n'est tel que parce qu'il chante dans sa langue : s'il cessait d'en faire usage, il ne tarderait pas à s'appesantir.

Il résulte de là qu'en bonne politique il faut donner l'exclusion à la musique italienne; que rien n'est à négliger quand il s'agit de conserver à une nation l'usage de sa langue maternelle, parce que cette langue contribue peut-être plus qu'on ne croit à l'attachement que l'on a pour sa patrie.

La musique est donc un objet plus important que ne le pense le réformateur genevoise Les Spartiates, ses héros, qu'il a tant vantés, donnaient à des chansons une importance ridicule. Gomme il a sans doute lu leurs annales, il ne peut ignorer que les premiers magistrats de Lacédémone, de même (jue les ministres parmi nous, avaient une inspection particulière sur la musique; qu'ils blâmèrent un certain Timothée, musicien étranger, qui s'avisa de vouloir introduire une musique qui,

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