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dément, la base, la source du beau intellectuel, et que ce n'est que d'après la nature que nous pouvons créer une seconde nature, plus belle sans doute, mais analogue h la première; en un mot, le beau idéal n'est que le beau réel perfectionné.
Ce principe lumineux s'étend à tous les arts, surtout à la musique, à la poésie, etc.
Rappelez-vous le mot de Bouchardon, qui ne connaissait point Homère, et qui, après l'avoir lu, dit avec l'enthousiasme du génie à quelqu'un qui lui demandait ce qu'il en pensait : Ah! Monsieur, toute la nature est agrandie à mes yeux; les hommes ont quinze pieds de haut.
En effet, ce poëte fait plus beau que la nature; et c'est pour cela qu'il est le plus grand poëte qui ait jamais paru.
Corneille a fait les hommes tels qu'ils devraient être; c'est le mot de La Bruyère. Il ne les a donc pas faits tels qu'ils sont. Il les a donc faits plus élevés, plus vertueux, plus magnanimes que la nature ne les forme elle-même : oui, sans doute; et, c'est pour avoir exprimé cette perfection idéale qu'il est appelé par excellence le Grand Corneille^ ?
Le détail des règles est, sans doute, nécessaire aux commençants, dans quelque genre que ce soit; mais, lorsqu'on a franchi ce premier pas, et que l'on est