CHAPITRE V
Philosophes et Sophistes
I. De l'esprit d'impiété. — II. Philosophie!... — HT. Problème de philosophie. — ] V. Tactique des ennemis de la foi. — V. But de la vraie philosophie. — VI. Le grand homme et le héros. — VII. Ce que doit être un philosophe. — VIII. Légèreté des Français. — IX. Patriotisme des sophistes. — X. En quoi consiste un bon livre de philosophie. — XI. Importance exagérée des mathématiques. — XII. Le dix-huitième siècle. — XIII. Dangers de la métaphysique. — XIV. Des devoirs de l'homme. — XV. Le plus noble emploi des talents. — XVI. Vanité de la curiosité humaine. — XVII. La Pucelle de Voltaire. — XVIII. Comparaison du passé, du présent et de l'avenir. — XIX. De l'analyse. — XX. Du matérialisme. — XXI. Du bonheur. XXII. De l'amitié, — XXIII. Des bienséances. XXIV. Désirs et besoins. — XXV. Sources du mal. — XXVI. Une distinction nécessaire.
Jamais siècle n'a élé plus fertile que le nôtre en écrivains séditieux qui, à l'exemple du poëte Linière, n'ont d'esprit que contre Dieu. Ils se disent les apôtres de l'humanité, et ils ne voient pas que c'est être mauvais citoyen, que c'est. faire un mal réel aux hommes que de leur ôter des espérances qui seules adoucissent les maux de celte vie; que c'est bouleverser l'ordre des sociétés, irriter le pauvre contre le riche, le faible contre le puissant, armer des millions de bras qui sont arrêtés par un frein sacré autant que par les lois,
11 faut être bien dépourvu de talents pour être réduit
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à se distinguei" par une façon de penser qui déshonore aux yeux des vrais sages. Il n'y a pas de si mince auteur, qui, s'il voulait se permettre de pareils écarts, ne pût briller au même prix. Ce méprisable acharnement contre la religion marque d'ailleurs plus de faiblesse que de force dans l'esprit. On ne parlerait, on n'écrirait pas contre elle, si on ne la redoutait intérieurement. Les prosateurs, les poètes qui en font l'objet de leurs satires ressemblent à ces voyageurs Iremblants qui ont peur des voleurs, et qui chantent de toutes leurs forces pour cacher leur crainte ^
Philosophie... Nous n'entendons retentir à nos oreilles que ce beau nom; mais, l'etfet ne passe pas jusqu'à l'esprit. Peut-être même l'affectation d'en parler sans cesse est-elle une preuve qu'elle nous manque. Personne ne parle plus de franchise qu'un charlatan^.
Par quelle fatalité de bons rois sont-ils exposés à de si noirs attentats, tandis que des tyrans en sont quelquefois à l'abri?
C'est peut-être parce qu'un bon roi n'est entouré que de princes, d'amis et de sujets qui lui ressemblent; il
1. Lettres sur quelques écrits de ce temps, tome VI, pages 65 et 63.