‹ Les confessions de FréronChapitre 79 sur 189 · L'Amién lillàfiirp. 1759, tome î. pages 171 et · texte numérisé non relu

L'Amién lillàfiirp. 1759, tome î. pages 171 et

que tout le monde méconnaît sa sphère. On n'a aucune idée de métapjiysique, et on écrit sur les matières les moins palpables; on n'a point de principes, et l'on attaque ceux qui sont établis; on est destitué de génie, et on compose des poëmes dramatiques et autres; on manque de goût, et on fait des ouvrages dans les genres qui en demandent le plus^.

Les pensées rendues par des images en ont plus de force et de conviction; il faut, pour corriger les sens, prendre leurs couleurs et leur langage. C'était la manière des anciens, et c'est ce qui les rend si supérieurs aux écrivains modernes, qui se sont perdus dans une malheureuse métaphysique sans âme et sans figure, et conséquemment la persuasion fuit de leurs lèvres^

L'homme a besoin qu'on lui remette souvent sous les yeux ses devoirs, ce qui constitue les vertus, les mœurs; en un mot, on ne peut assez le rapprocher.de lui-même, lui montrer ses faiblesses, ses excès, lui rappeler cette première de toutes les vertus, qui naît avec nous et que nos vices font mourir dans notre cœur; je veux parler de cette humanité sacrée qui se fait entendre à toutes les âmes, dans tous les pays, dans tou-

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