‹ Les confessions de FréronChapitre 81 sur 189 · HàiI., tome Vil, page · texte numérisé non relu

HàiI., tome Vil, page

grand génie sur cet article n'eu sait pas plus que le peuple.

J'ose le dire et rien n'est ])lus vrai sur la plupart des questions importantes, comme celle de la liberté, du bien et du mal moral, de la bonté de Dieu, etc., il est plus sûr d'en croire son cœur que son esprit; les oracles de celui-là ne trompent jamais.

Nous sentons, par exemple, que nous sommes libres; tenons-nous en là. La raison ne ferait que nous égarer; c'est un guide infidèle, une sirène enchanteresse qui ne cherche à nous attirer que pour nous perdre. Presque tous les hommes sont la dupe de ses promesses : de là mille ouvrages, monuments à la fois de la folie et de l'impuissance de la raison : de là encore, le délire, l'enthousiasme, les haines aveugles et furieuses, et, ce qui est plus funeste, le relâchement général de tous ks devoirs; car, n'en doutons point, les sophismesde l'esprit sont presque toujours aux dépens de la bonté du cœur, et le règne du pyrrhonisme ne sera certainement jamais celui des vertus et du zèle patriotique *.

Depuis quand le philosophe n'est-il plus patriote ?

Voilà un des abus de ce bel esprit, de cet esprit raisonneur qui s'est emparé de toutes les têtes. La postérité croira-t-elle que toute la France ait pu lire sans être soulevée d'indignation un poëme dont le but est de

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