L'A/iJiée littéraire, pages 154 à
tourner en dérision et de déshonorer une femme à qui nous devons le bonheur de n"ètre pas les esclaves de nos ennemis?
Groira-t-on qu'il y a un Français assez lâche pour composer un pareil ou\Tage, et que des Français, encore plus égarés, ont pu ladmirer ?
Que penser d'un amas de mauvaises plaisanteries répandues sur la réputation de Jeanne d'Arc, et qui n'a d'autre mérite que d'être souvent une grossière imitation de l'Arioste? Je ne parle pas de la fange, des çrdures et des blasphèmes contre la religion qui sont entassés dans ce pocme monstrueux \
L'imagination nous appprochele plus de la divinité, car c'est par la connaissance du possible qu'on s'élève à Dieu.
La connaissance du présent fait le peuple, celle du. passé fait le savant, celle de l'avenir fait le grand homme; le peuple sent où il est, le savant sait d'où il vient, l'homme supérieur prévoit où il doit aller. A peine un seul homme, en un siècle, a-t-il un vrai sou]v çon de l'avenir.
L'imagination de la plupart de ceux qui s'abusentn'c.t qu'une pure mémoire; les trois quarts des auteurs no sont que des copistes; le nouveau, lors même qu'il paraît, est un monstre pour eux.