L'Ajwéc Uttérnire, pages 338 et
Les vraiment bons esprits qui ont cet élancement vif et étendu qu'on nomme imagination, combinent ce qu'ils voient et ce qu'ils ont vu; car on n'imagine que d'après nature; mais, ils se servent du présent et du passé connu comme de degrés pour atteindre à l'avenir inconnu; il n'y a que de la mémoire à rappeler ce qu'on a vu ou entendu^.
A force de vouloir analyser les passions, on en affaiblit la force; elles s'évanouissent dans les mains de ces raisonneurs, comme la rose dans les doigts d'un maladroit qui l'effeuillerait pour la respirer, ou pour admirer ses couleurs ^
Le matérialisme, tant de fois terrassé, semble se relever avec plus de force; sans parler des livres qui lui sont entièrement consacrés, et dont le nombre n'est que trop considérable, il y en a beaucoup d'autres peutêtre plus dangereux dans lesquels on insinue adroitement ce poison. Dictionnaires, voyages, livres de morale, romans, histoires mêmes : voilà les voiles qu'on emprunte pour cacher plus sûrement la doctrine qu'on veut accréditer^.