L'A/i!U'<- lUtcrnire, pages 145 cl
o appesantit sur des points de morale ou de politique; s'il hérisse son récit d'antithèses pour faire le bel esprit ; ou s'il l'égayé par de mauvaises pointes et par une basse familiarité, pour paraître plaisant, enfin, si, au sujet de l'histoire qu'il a promise, il en raconte mille autres qui n'y tiennent point : n'est-il pas vrai que vous serez excédé de cet ennuyeux verbiage, et que, vous rappelant le docte et soporifique plaidoyer de l'Intimé, vous ferez peut-être au narrateur l'affront de vous endormir comme Dandin?
Ce que je viens de dire convient à plus d'un écrivain français; l'application aux romanciers d'Angleterre est encore plus juste et plus générale ^
Nous aimons naturellement à comparer, parce que nous aimons à juger.
La comparaison est un jugement rapide qui coûte peu à la paresse, et qui flatte beaucoup l'amour-propre. Nous sommes, d'ailleurs, si bornés, que, ne voyant rien au delà de l'idée de perfection que nous avons attachée à tel peuple ou à tel personnage, nous rapprochons de ce que nous sommes en possession d'admirer tout ce qui se fait sous nos yeux de grand et d'héroïque. Les écrivains, surtout les poètes, accréditent nos préjugés. S'ils chantent un guerrier, ils en font d'abord un Hercule, un Achille, un Alexandre. S'ils célèbrent une