‹ Les confessions de FréronChapitre 91 sur 189 · V Année littéraire, tome Y, pages 37 el · texte numérisé non relu

V Année littéraire, tome Y, pages 37 el

femme, c'est une Vénus, une Hélène, une Cléopâtre. S'ils louent un de leurs confrères (ce qui arrive trèsrarement), c'est un Homère, un Virgile, un Corneille.

Mais, si un philosophe, à l'exemple de Plutarque, étudiait avec attention deux héros ou deux événements; s'il en saisissait toutes les nuances avec sagacité; s'il renonçait à la manie de les trouver les mêmes en tout point; s'il ne donnait pas des rapports éloignés pour des traits de conformité parfaite; en un mot, s'il fixait le véritable degré d'affinité que deux objets auraient entre eux, il est certain que ce travail répandrait un grand jour sur les ténèbres de l'histoire.

Il en résulterait encore une connaissance plus détaillée des ressorts qui font mouvoir les passions. Souvent même, à l'aide de cette analyse, on découvrirait une différence réelle entre les choses qui paraissent se ressembler le plus^

De tous les genres de littérature, le romanesque est celui qu'on cultive le plus en France. Presque tous les ■ jeunes gens qui se croient destinés t\ tenir un rang sur le Parnasse débutent par des romans. La facilité d'en faire et de s'en défaire est apparemment ce qui les détermine.

En effet, une histoire, un poëme, une pièce de théâtre demandent un soin et une explication, dont leur paresse el leur vivacité ne s'accommodent pas.

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