‹ Les confessions de FréronChapitre 92 sur 189 · L'Aii>ii;<' lithhoire, pages 231 i · texte numérisé non relu

L'Aii>ii;<' lithhoire, pages 231 i

Le genre romanesque a néanmoins ses règles et ses difficultés, bien capables de les rebuter, pour peu qu'ils les connussent. Mais, ils n'y regardent pas de si près. Après tout, nous ne sommes pas en droit de nous en plaindre. Tout le tort est de notre côté, puisque c'est nous qui, par la bonté que nous avons de les lire, les encourageons à meltre au jour les informes productions de leur bizarre cerveau. Je dis informes; et ce nom me paraît encore bien doux'.

Les traités sur la poésie et sur l"éIoquence ne feront jamais ni de grands ni de petits orateurs. C'est le génie qui les produit. Mais, qu'est-ce que le génie sans guides, sans frein, livré à ses fougues, n'écoutant que ses caprices? Il me semble voir un jeune homme, né avec des passions vives, qu'on abandonne à lui-même, privé d'un gouverneur qui réprime sa bouillante ivresse. Où ne l'emportera pas le délire de son cage? Quels écarts, quels excès ne fera-t-il pas? Contre quels écueils n'ira-t-il point se briser? Les Aristotes, les Horaces, les Quinliliens, les Longins, les Boileaux, les Roilins, etc., sont les Mentors du génie. Leurs sages leçons lui apprennent à consulter dans sa marche la raison et le goût. On ne saurait donc trop rappeler les règles dictées par ces fameux législateurs^.

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