‹ Les confessions de FréronChapitre 95 sur 189 · L'A)i?iée litùMoire, 1751, tome IV, pages 70 à · texte numérisé non relu

L'A)i?iée litùMoire, 1751, tome IV, pages 70 à

ments ne sont point préparés; les situations n'intéressent plus.

La pièce est brillante, mais non théâtrale; on y trouve beaucoup de coloris, et point de dessin.

Si un auteur s'avisait aujourd'hui de travailler d'après un plan bien combiné, plein de justesse et dans le goût du dernier siècle, on dirait qu'il connaît le théâtre, mais qu'il ne connaît pas le monde. L'ouvrage serait estimé, et ne serait pas couru ; on le traiterait comme une belle femme sans rouge, mise simplement, qui est toujours écrasée par un visage de fantaisie.

Il est certain que rien ne nuit tant à l'éclat des détails qu'un plan de comédie bien régulier. On sait qu'il consiste dans un enchaînement de scènes où l'embarras augmente par degrés, jusqu'à ce qu'il se développe aussi naturellement qu'il paraît avoii- été formé, et qu'enfin il se termine par un dénouement qui ne soit ni forcé ni prévu.

Voila le grand art du théâtre : y réussir, c'est la difficulté'.

Ce n'est pas assez que de connaître le monde: il faut connaître les hounncs. Eu connaissant le monde on ne fait que des vers; en connaissant les honnnes on peint des caractères; et c'est avec des caractères qu'on fait de bonnes pièces. Il ne s'agit alors que de les mettre en jeu, en ménag(,'anl des incidents.

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