‹ Les confessions de Fréron (1719-1776): sa vie, souvenirs intimes et anecdotiques, ses penséesChapitre 121 sur 213 · lbid. y tome VII, page · texte numérisé non relu

lbid. y tome VII, page

CRITtQUE LITTÉRAIRE". 283

ite l'humanité, tes mêmes quant au fond, se présentent sous une forme particulière dans chaque individu, et que les mœurs de la société changent dans chaque siècle et sous chaque règne.

Les plus grands maîtres ne peuvent saisir toutes les couleurs, ou, si Ton veut, toutes les nuances des passions, ni toutes les révolutions des mœurs. Les; bornes de leur esprit, quelque étendu qu'il soit, de leur vie, quelque longue qu'on la suppose, de leurs connaissances, k quelque degré qu'elles soient parvenues, ne leur permettent pas de tout voir et de tout peindre.

C'est donc une erreur de penser que les sujets dramatiques soient épuisés. J'en citerais un grand nombre, auxquels on n'a pas encore touché, etceux-mêmes qui sont déjà bien traités pourraient l'être de nouveau avec succès. Par exemple, je nt serais point étonné qu'on fit des comédies excellentes du Misanthrope, de l'Avare, du Joueur, du Distrait, etc., autres que celles de Molière et de Regnard, parce que ees caractères- varient h l'infini, et qu'il serait difficile de trouver seulement deux hommes qui fussent misanthropes, avares, joueurs ou distraits de la même façon.

Il en est ainsi de la morale qui embrasse tant d'objets, et Ton pourrait nous donner vingt Écoles dès femmes, toutes bonnes, quoique différentes, parce que les femmes ont plusieurs devoirs à remplir 1 .

Grâces aux. lumières du siècle, il faut aujourd'hui,

Page 1