‹ Les confessions de Fréron (1719-1776): sa vie, souvenirs intimes et anecdotiques, ses penséesChapitre 122 sur 213 · V Année littéraire, 1758f, tome VI, pages 263 et · texte numérisé non relu

V Année littéraire, 1758f, tome VI, pages 263 et

avant que de se produire dans le monde, avoir acquis ' les principes de toutes les connaissances. Dans une cou- , versation ordinaire, même chez les personnes du grand j monde, après avoir parlé de rubans, de dentelles, de robes, d'équipages, après avoir médit de tous les gens | qu'on connaît et de ceux qu'on ne connaît pas, on agite j gravement une question de métaphysique, de physique, , de philosophie, de goût ou de littérature, qu'on discute légèrement, et qu'on décide de même. j

Cet abus d'universalité dans les études rend le commun des hommes moins étrangers aux sciences et les savants plus rares. On sait de tout, et l'on ne sait rien.

Pour se conformer au goût dominant, les auteurs ont multiplié les dictionnaires, les abrégés 1 .

Je crois qu'on ne peut écrire supérieurement en prose qu'on ne se soit exercé à faire des vers. En effet, l'habitude qu'on a prise à chercher des tours heureux, des cadences sonores, des expressions nobles et relevées, à se rendre compte de chaque mot, de chaqjie idée, de chaque phrase, h rejeter les termes bas, à substituer une expression à une autre, à chercher des idées, de belles images, à peindre, h exprimer les passions, etc., répand çne grande harmonie dans le style, et est seule capable de le rendre noble, sublime, hardi et varié 2 <

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