Ibid., 1761, tome II, page
Mais, on peut jeter de l'ennoblissement sur les images les plus familières du malheur; c'est là le grand secret de l'art dramatique; il faut nous montrer la nature, mais avecr des adoucissements qui cependant ne lui dérobent rien de ce qui peut nous toucher. Il faut que l'honneur et le sentiment soient satisfaits à la fois; &i Ton perd de vue ce double objet, bientôt on nous exposera dans nos drames un criminel conduit dans un vil tombereau à cette place publique destinée aux exécutions 1 .
Rien de plus commode que les romans par lettres. Pour peu qu'on ait d'esprit et de talent, la plume coule avec rapidité; un écueil est à craindre, c'est que ce genre d'écrire entraîne ordinairement le lâche et le diffus 2 .
Le genre de Comique larmoyant ou de Tragédies bourgeoises, comme on voudra l'appeler, sera toujours fort au-dessous de la bonne et vraie Comédie, de la Comédie d'Aristophane, de Plaute et de Molière, parce que l'impression qu'il produit sur les spectateurs est nécessairement faible, quand même il emprunterait toute la force, toute l'énergie, toute la violence du Tragique dont il est émané.