Ibid., 1761, tome II. page
Cette différence vient, si je ne me trompe, de la qualité des malheurs et des personnages.
Quelle est la. source de l'intérêt que nous prenons aux héros dans les tragédies? C'est la supériorité de leur rang et la grandeur de leurs dangers. Il s'agit de la perte de la liberté, d'une couronne, de la vie, etc. Ces malheurs sont d'une autre espèce que ceux du commun des hommes. Des particuliers ne sont point exposés à de pareilles infortunes 1 .
La connaissance de la Fable est nécessaire dans le monde, parce qu'elle répand un grand jour sur tous les ouvrages des poètes anciens et modernes, qui sont remplis de traits liés avec la Mythologie. Sans elle une infinité de beautés nous échapperaient; on ne pourrait entendre les fictions qui sont les fondements de la plupart des grands poèmes. Les sujets mêmes de nos propres amusements seraient pour nous des énigmes. Il en serait ainsi de tous les ouvrages de sculpture et de peinture que Ton voit, surtout dans les maisons royales et dans tous les lieux où les souverains ont fait éclater leur magnificence et leur goût pour les beaux arts : monuments -précieux sur lesquels le peuple et tout ce qui lui ressemble ne porte que des regards stupides 2 .
T 1. L'Année littéraire, tome III,*pages 316 et 317. 2. Ibid., tome IV, page 241.
Tout est épuisé , me dira-t-on; il faut être singulier pour paraître neuf. Je trouve un autre expédient. Que les auteurs dramatiques se rapprochent de la nature, qu'ils ne la perdent jamais de vue, qu'ils approfondissent le cœur humain comme Racine, qu'ils étonnent l'esprit, qu'ils élèvent l'âme comme Corneille, qu'ils n'énervent point le sentiment par le faste des mots; je leur promets que cela paraîtra très-neuf, et qu'on ne leur reprochera point d'imiter leurs contemporains 1 .
Les jeunes gens se persuaderont-ils jamais qu'ils doivent user avec beaucoup de tempérance de l'antithèse, cette figure commune de rhétorique ; qu'on veut bien la souffrir de temps en temps; mais qu'à la longue elle devient froide et mesquine; que de plus il n'y a rien de si aisé que de trouver ces oppositions enfantines de pensées et de mots; que ce sont des espèces de bouts-rimés que L'esprit le plus médiocre peut remplir a .
Pour qu'un roman réussisse , il faut qu'il paraisse avoir le mérite de l'histoire la plus fidèle et la plus