‹ Les confessions de Fréron (1719-1776): sa vie, souvenirs intimes et anecdotiques, ses penséesChapitre 140 sur 213 · Ibid. y tome VII, page · texte numérisé non relu

Ibid. y tome VII, page

Ce genre de littérature demande du génie comme tous les autres genres, et c'est le génie qui manque à nos romanciers. Ils se traînent pesamment sur les pas les uns des autres ! Ils ne font que reproduire de fades amourettes, des aventures triviales, des intrigues sans intérêt, des dénoûments qui ne surprennent plus. Partout c'est le même fonds, la même marche, la même conduite, la même exécution. Rien de si fastidieux que cette uniformité : ce sont des enfants qui se ressemblent tous; on en voit un, on a vu tous les autres *.

Rien de plus utile que les traductions des ouvrages étrangers, surtout des ouvrages de théâtre. L'esprit humain s'agrandit en sortant du cercle étroit tracé autour de lui par l'éducation et les préjugés. Un homme qui n'a jamais vu d'autre pays que celui de sa naissance, s'il vient à voyager, est frappé de tout ce qui se présente à ses yeux - r de nouveaux objets font naître en lui de nouvelles idées et de nouveaux sentiments, et, s'il est capable de réflexion, son âme se multiplie, pour ainsi dire, et s'enrichit de tout ce qu'il rencontre d'excellent chez les peuples qu'il ne connaissait pas.

Les traductions sont des espèces de voyages que l'oft nous fait faire dans les différentes contrées du monde littéraire *.

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