Ibid., tome VII, pages 3 et
Les préfaces qui ne contiennent pas des choses essentielles à l'intelligence des livres qu'elles précèdent, sont des hors-d'œuvre absolument inutiles et déplacés. Mais, si un écrivain ne met une préface à la tête de son ouvrage que comme un cadre isolé, afin de pouvoir le remplir de réflexions et de sentences à perte de vue, s'il ne cherche qu'à se ménager l'occasion de répandre sa philosophie au dehors, et de prouver qu'il sait penser, dans ce cas une préface de quarante pages est le comble de la déraison et du mauvais goût 1 .
Pour faire de bonnes fables, il ne suffit pas d'avoir de l'esprit; l'esprit même y nuit très- souvent, comme il est arrivé à la Motte, celui de tous nos fabulistes qui certainement en montre, davantage.
Ce genre demande, je ne dis pas de la naïveté, c'est une qualité propre au divin la Fontaine, et sans laquelle Ésope et Phèdre ont réussi, mais de la simplicité, de l'aisance, du naturel et le talent de narrer; il faut que l'auteur ne paraisse jamais vouloir briller, qu'il prenne les mœurs et le langage des animaux, qu'il ait l'air d'être entraîné par son sujet, et non de faire un ouvrage.
De toutes les espèces de Poésie il n'en est aucune où le travail supplée le moins au talent, où la prétention,