L'Année littéraire, tome^VIII, pages 275 à 2T
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dans notre siècle de ne traiter l'histoire que par abrégés. A l'exception de l'ouvrage excellent de M. le président Hénault et de quelques autres formés sur ce modèle, je regarde ce genre de littérature comme un effet du mauvais goût. Ces compilations indigestes, qui coûtent peu à former, contribuent moins à étendre les connaissances qu'elles ne nuisent aux bonnes études. Sous le prétexte d'analyser et de réduire, nous devenons mesquins; nous étranglons les sujets; nous les rendons presqu'imperceptibles, et bientôt, si nous n'y prenons garde, nous serons si petits qu'on nous perdra de vue.
La meilleure manière d'écrire l'histoire et la plus instructive, tant pour l'exposition des faits que pour les maximes de morale et de politique qui en résultent, est celle de M. Rollin et de plusieurs auteurs trèsconnus et fort estimés. On y prend des idées justes sur la géographie respective , sur les événements , sur les grands hommes, sur les mœurs, sur le génie des peuples, sur le commerce, sur les sciences, sur les arts et sur les productions naturelles de chaque climat.
C'est [ce que les Anglais appellent histoires rédigées. Moins diffuses que les histoires générales, moins arides que les abrégés, elles joignent le mérite de la précision à celui des développements 1 .
Tous ceux qui écrivent des histoires, soit générales, soit particulières, doivent bien se mettre dans l'esprit