‹ Les confessions de Fréron (1719-1776): sa vie, souvenirs intimes et anecdotiques, ses penséesChapitre 39 sur 213 · Le marquis de Prié · texte numérisé non relu

Le marquis de Prié

vait-il, en 1756, — et, malgré mon double travail de prose \ je me livre quelquefois à mon goût pour les vers. Je suis d'ailleurs un peu blessé de la médiocre opinion que donnent dans le monde du talent de la critique tant d'auteurs intéressés à l'avilir. Interrogez tous les petits poètereaux, que je ne puis louer en consciense, ils vous répondront qu'il n'y a rien de si facile que de critiquer, qu'il est bien plus aisé de détruire que de bâtir, etc. Tous ces propos me piquent, je vous l'avoue, et sans admettre, comme de raison, la très-mince idée qu'ils ont ou qu'ils affectent du genre que je cultive, je suis bien aise de leur faire voir que, si je voulais m'en donner la peine, je ferais des vers qui, sans valoir grand' chose, seraient pour le moins aussi bons que les leurs 2 . »

La reconnaissance qu'il avait vouée au roi Stanislas , qui, non content de soutenir V Année littéraire et de lui procurer l'appui de sa fille, la reine Marie Leczinska, avait daigné être le parrain de son fils, auquel il avait donné son nom; la reconnaissance dicta à Fréron, ces vers qu'il eut l'honneur de présenter lui-même à son bienfaiteur, à Versailles, le 28 septembre 1756, pendant le séjour de Stanislas à la cour de Louis XV, où, tous les

1. Fréron était un des rédacteurs du Journal étranger, fondé en 1754, en même temps que \ Année littéraire, et il écrivait dans ces deux feuilles, mais il quitta bientôt le Journal étranger, pour s'occuper entièrement de son Année littéraire.

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