‹ Les confessions de Fréron (1719-1776): sa vie, souvenirs intimes et anecdotiques, ses penséesChapitre 50 sur 213 · Commencé en · texte numérisé non relu

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m LES CONFESSIONS DE FRERON.

« Ainsi, monsieur, malgré mon expérience continue de la justesse du proverbe, la vérité blesse, je suis bien résolu de la dire tant que je vivrai, au risque de me faire encore des ennemis, que je ne puis même soupçonner ; car en critiquant tel auteur, j'offense, sans le savoir, tel protecteur, telle protectrice que je ne connais pas. La littérature est, parmi nous, une affaire d'intrigue et de coterie. Pour moi, je ne tiens à aucune cabale, à aucun bureau de belesprit, à aucun parti, si ce n'est à celui de la religion, des mœurs et de l'honnêteté : et, malheureusement, c'en est un aujourd'hui 1 . »

Au commencement de 1766, la mort du roi Stanislas enleva à Fréron un de ses plus puissaots protecteurs, au moment môme où il en avait d'avantage besoin. Sensiblement affecté d'une telle perte, il écrivit alors un bel éloge funèbre de son bienfaiteur, où respire à chaque ligne l'éloquence d'une douleur vraie et profonde. Le début en est surtout heureux :

« Lorsque Trajan mourut, il y avait, à Rome, un écrivain sur lequel il avait jeté quelques regards de bienveillance particulière. Cet homme de lettres, inconsolable de la perte de son bienfaiteur, voulut tracer, dans quelques lignes arrosées de ses pleurs, l'amertume de Ses regrets et la vivacité de sa reconnaissance. Mais son faible talent se ressentit de l'af-

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