V Année littéraire, 1766, tome I, pages 3 à
fliction de son âme; vingt fois il prit la plume, et vingt fois elle échappa de ses mains tremblantes. Telle a été ma situation, monsieur, lorsque j'appris que le roi de Pologne, duc de Lorraine et de Bar, venait de terminer des jours auxquels tant d'autres étaient attachés. Sans la douleur dont je fus pénétré, je me serais acquitté plus tôt du tribut que je,dois à sa mémoire l . , , . .
« Je laisse à nos orateurs sacrés et profanes le soin de faire connaître l'âme si grande, si noble et si vertueuse du feu roi de Pologne... ; c'est à eux de jeter des fleurs sur son tombeau; pour moi, j'en répandrai des larmes toute ma vie. Sa mémoire me sera éternellement précieuse. Eh! comment le souvenir d'un prince qui m'a comblé de tant de bontés s' effacerait -il ou s'affaiblirait -il dans mon cœur! C'est mon plus beau titre de gloire ; la protection dont il m'a honoré a répandu sur ma vie un lustre que n'effaceront jamais ni les volcans de la haine, ni les vapeurs de la calomnie, ni les fers de l'injustice 2 . »
Deux ans après, — le 24 juin \ 768, — la reine de France,
Marie Leczinska, la fille de Stanislas, l'auguste protec-
t trice de Fréron, allait rejoindre dans la tombe un père
tendrement chéri. Quel nouveau coup pour l'auteur de
V Année littéraire /,..
1. V Année littéraire, 1766, tome VIII, pages 313 et 314. (Lettre du 29 décembre 1766.)