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Il sViDjMnla. Liif<riir(5 lui sortit hoaucoiip plus lon^'uo(!t pliu, aiguë (jiKi dans les pclilns ([(Kînillcs précrdciilcs; m;iis jf- li:ll,;(
fonrageuseiuent ot avec iiin' ('iicigic» qui j)anit i)eaucoup le surprendic.
Alors il essaya de la douceur et tâcha de me fléchir par la plainte.
Il me parla des ennemis acharnés à sa perte, de la faiblesse de Louis XIII, au((uel on pouvait, d'un jour à l'aufre, faire signer sa disgrâce. Un jeune ambitieux, le comte de Chalais, ayant acheté de Charles d'Angeiines la place de grand maître de la garde-robe, s'entendait, disait-il, avec Anned'Autricheet madame de Ghevreusc pour le décrier, lui Richelieu, dans l'esprit du roi. Marie de Médicis était redevenue, à son égard, méchante et perfide; elle donnait à, Gaston des conseils de révolte. Toutes ces inimitiés, tous ces ennuis, toutes ces intrigues, le rendaient malade et souffrant; l'heure était on ne peut plus mal choisie pour le priver de mes consolations et de mon amitié.
Bref, il se mit à geindre de toutes ses forces, en me cajolant et m' embrassant avec plus de tendresse encore que d'habitude.
Cela eut pour résultat immédiat de me rendre inflexible.
— Je le vois parfaitement, monseigneur, lui dis-je, en restant à Daris j'aurais à me défendre contre vous-même, et je ne trouve ni décent, ni convenable, qu'un prêtre, un cardinal, un homme obligé de prêcher d'exemple, ait une amie de mon sexe et de mon âge.
Il devint très-pâle, et la griffe pouvait ressortir, car je parlais en termes fort clairs.
Désirant terminer d'un seul coup et lui montrer que de nouvelles menaces ne sauraient m' inspirer de peur, je lui dis de m'enfermer dans un cloître et de me rendre un service vqq\ en allant au-devant de ma faiblesse, en me forçant au genre de retraite le plus favorable au salut.
Mon ton digne et ferme sembla lui faire comprendre qu'il ne réussirait point à modifier mes nouveaux plans de conduite..
Or, cet air de conviction- là même était une feinte.
Les luttes obstinées lui inspiraient ses plus dangereux détours.
~ Allons, soit, me dit-il, je te raisonnerais en vain, Marion... Un caprice t'emmène, un autre caprice te ramènera. . . Transigeons, puisqu'il le faut ! Je te permets de partir, à condition que tu feras, chaque année, un voya^;/eà Paris. Tu y resteras six semaines, et tu me
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AMOURS HISTORIQUES
(cadras, pendant ce laps de temps, le nombre de visites auxquelles me donnent droit nos conventions premières. Du reste, tu as grand tort, ma fille, de te méfier de la pureté démon affection pour toi.
Je ne crus pas un mot de ce discours, et je me préparais à lui .irerma révérence; mais il me retint sous divers prétextes.
Il me montra les dessins d'un palais qu'il allait faire bâtir sur l'emplacement de sa maison de la rue Saint-Honoré, entre les Tuileries et le Louvre.
— Je veux me loger en roi, Marion! me dit-il, Chaque jour, ma puissance augmente, et Louis XIII est un instrument entre mes mains... je saurai le forcer à être docile. Oui , je périrai à la tâche, ou ceux qui se posent ei i obstacle sous mes pas seront brisés !
— Monseigneur, soyez bon, soyez clément... c'est le moyen de vous gagner les ennemis les plus irréconciliables.
Il me regarda.
Son œil était dédaigneux et son sourire cruel.
— La clémence, me dit-il, est la vertu des sots! Tu trouves, ma chère, cette phrase peu chrétienne?.. En moi, vois-tu, le premier ministre efface le prêtre ; dans mon âme et dans mes convictions la politique fait taire l'Évangile. Un jour, bientôt sans doute, tu entendras des coups de hache et tu verras le sang couler. . . mais il faudra t'en prendre à la folie des hommes. Souviens-4oi qu'une <.êteest bien peu de chose, si on la jette dans la balance avec la destinée des nations.
— Ah î rûonseigneur, vous me faites frémir !
— Souviens-toi de cela, te dis-je, et ne m'accuse pas, si tu rencontres jamais sur ta route un échafaud tendu de noir. Je veux rendre la France grande et forte ; c'est elle qui frappera quand l'heure sera venue de frapper.
— Mais le sang rejaillira sur vous ! m'écriai-je. Il eut de nouveau son affreux sourire.
— Qu'importe, Marion? je suis vêtu de rouge, les taches ne s'apercevront pas. Laissons ce discours; il t'attriste , mon enfant. Je te parle ainsi parce que je tiens à ton amitié. Quelles que soient les circonstances , ne me juge pas avec trop de précipitation, et même, s'il est possible, laisse de côté le ministre et ses actes... ne vois que le frère et sa tendresse.
D me pressa contre son sein.
Je réprimai difficilement un geste d'horreur
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Quand je fu;i hors du Louvre et loin de cet homme, il me sembla <{ue je brisais le dernier anneau d'une ciiaine infernale.
— Heveiiir à l^aris! m*écriai-je, oh! non, non!., vous avez tort de compter là-dessus, monseigneur ! . . . vos raisonnements me révolleni ; le sourire de Satan doit ressembler à votre sourire ! Vou.s maïuiuer de [)arole est une bonne action. Si vous ne m'inspir icz autant d'elîroi, je vous aurais laissé pour adieu des paroles de mépris et de haine!
Je me trouvais beaucoup de courage d'avoir ainsi lutté contre son despotisme, et je ne m'attendais guère à lui arracher si vite un consentement, sans lequel je n'eusse point osé m'éloigner de la capitale,
Pouvais-je penser que le fourbe, tout en déplorant le chagrin qu'allait lui causer mon absence, jurait en lui-même d'empêcher mon départ?
Rentrée chez moi, je fis venir mon notaire et je lui donnai plein pouvoir de vendre la maison de la rue des Tournelles. J'avais le projet bien arrêté de me retirer dans ma ville natale et d'offrir à mes parents de partager ma fortune.
— Oh! oui, me disais-je, il est encore pour moi de saintes espérances ! Quelques années de sagesse feront oublier mes fautes. Peut-être un honnête homme daignera-l-il jeter un reo^ard sur moi? Je lui dirai tout; il recevra ma confession comme je la ferais à Dieu. Si je respecte- après cela son nom, si je suis une vertueuse, et chaste épouse, une digne et bonne mère, il n'aura ni le droit ni la volonté de m'adi-esser des reproches, et je perdrai jusqu'au souvenir d'un passé maudit !
Ma résolution de retourner en province était inébranlable. Il me semblait déjà me voir au milieu de ma famille.
Je m'asseyais au coin du pauvre foyer paternel. Ma petite chambre se rouvrait pour moi; je respirais l'air embaumé des jardins d'alentour, et, le soir, je m'endormais au milieu d'une prière sous les blancs rideaux de ma couchette.
Le bon huissier m'appelait encore sa fille chérie ; je donnais, pour aller à l'église, le bras à ma vieille mère.
Toute la maison me devait son bien-être. Je mariais avantageusement Jacqueline, Ursule, Georgette et Suzon, si toutefois elles ne l'étaient pas encore, et j'établissais mes garnements de frères, qui m'avaient si bien fait damner jadis, en riant, hurlant,
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g'^mbadant, tapageant, et surtout en déchirant leurs chausses, dont j'étais la raccomraodeuse éternelle.
Je riais de ces souvenirs, et je versais en même temps de douces et heureuses larmes.
Mais au milieu de ce beau rêve se glissa bientôt une pensée fatale. Je me rappelai la sévérité de ma mère et j'éprouvai de tristes angoisses. ^
On ne lui a rien caché de mes torts ; elle connaît mon déshonneur, l'opprobre a rejailli sur son front. Gomment me recevrat-elle? quel accueil doit espérer la fille coupable?
Une sueur glacée découla de mes tempes.
D était impossible que je m'oftrisse aux regards de ma mère sans l'avoir préparée longtemps d'avance à me recevoir. Me voyant àses genoux, elle me repousserait avec indignatioji ; elle se dresserait, pour me maudire, sur un piédestal de cinquante ans de vertu.
C'était une femme portant jusqu'à l'insensibilité la plus complète les idées de justice et d'honneur.
La faiblesse de mon père et sa bonté trop grande avaient encore accru chez elle cette nature implacable, et cela par la nécessité même où elle s'était trouvée plus d'une fois d'avoir de la force d'âme et de l'énergie pour deux.
Voilà donc toutes mes espérances détruites et renversées d'un souffle.
Si j'écris à mon père, osera-t-il seulement montrer ma lettre et plaider en ma faveur? Depuis tant d'années, la vieillesse a dû l'abattre de plus en plus chaque jour; les chagrins ont miné sa vie peut-être?
Hélas! hélas! fille insensée, tu parles de te réunir à tes parents, et tu ignores si la douleur et la honte n'ont pas creusé leur tombeau!
Cette pensée me devint affreuse.
N'osant prendre moi-même la route de Châlons, je résolus d'y envoyer quelqu'un sur-le-champ pour me rapporter des nouvelles de ma famille et sonder les intentions de mon père et de ma mère, si toutefois le ciel les avait conservés à ma tendresse.
Mais à qui vais-je confier cette mission délicate ? à qui dois-je révéler toutes mes inquiétudes, toutes mes terreurs, toutes mes fautes et le prix que j'attache au pardon?
Thérèse entra.
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Je lui cjK^liai mes laimcs.
La voyant fureter ;\ droite et à gaucho sans motif, j'allais lui enjoindre de se retirer, quand elle nie dit tout à coup :
— Vous ne devineric/ jamais, rnadami;, avec qui nion pèro vide en ce moment un liacon de bourgogne?
— Peu m'import(!, j'imagine.
— C'est juste... D'ailleurs, il y a si longtemps que madame ne l'a vu.
— Qui donc?
— Pourtant, s'il a des chagrins de ménage, nous en sommes un peu cause. Il est toujours aussi laid et aussi ivrogne, mais enfin...
— Camusard! m'écriai-je. Oui, n'est-ce pas, c'est lui?., qu'il monte! qu'il monte au plus vite!
— J'en étais sûre, madame a si bon cœur...
— Dépêche-toi, cours!
— Je vous l'amène.
Deux minutes après l'huissier à la cour des comptes entraii dans ma chambre.
Le malheureux était habillé, comme les hommes de la dernière classe du peuple, d'une espèce de serge jaunâtre, tombant en guenilles et trahissant Tabsence de chemise en plus d'un endroit. Ses cheveux avaient perdu leur nuance éclatante; ils étaient blancs, ce dont on aurait pu le féliciter, si cette métamorphose n'eût été le résultat évident dumalhenret de la souffrance.
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— Miséricorde! que vous est-il arrivé, mon pauvre Joseph! Je lui tendis affectueusement la main. Il se mit à genoux pour
la porter à ses lèvres.
— Ah ! madame. . . Ah ! Marion, vous consentez à me recevoir!
— Est-il possible que vous ayez jamais douté de moi? lui disje, en le forçant de se relever et de prendre place sur un siège. Me croyez-vous l'âme assez dure pour ne point accueillir un ami dans la détresse ?
— Je ne viens pas vous demander l'aumône, murmura-t-il avec trouble. Bulmann m'a rencontré, ce matin, et m'a forcé d'entrer dans votre maison.
Il rougissait et pâlissait tour à tour, comme si mes offres eussent blessé l'orgueil de sa misère.
Ce n'était pas la première fois que je remarquais une sorte de dignité dans cette nature incomplète.
— Joseph, c'est mal, c'est très-mal ce que vous me dites là ! je l'oublierai avec peine. Vous commence? par douter de mon accueil, et maintenant vous prononcez un mot qui me froisse... l'aumône!.. De vous à moi un service reçu prend -il le nom d'aumône?
— Oh! ne vous fâchez pas, Marion.
— Si, monsieur, je me fâche, et je me fâche très-fort!., cai enfin l'état où vous êtes ne vient pas de votre inconduite personnelle, j'en suis sûre... pourquoi donc en rougir? Vous aimez à boire, mais vous êtes un homme d'ordre; ce n'est pas vous qui avez pu dissiper votre fortune, et quand le président Chevry m'a fait connaître votre ridicule mariage avec Lisette...
— Pour Dieu! s'écria-t-il, ne parlons pas de cette mallifîureuse!
— Au contraire, parlons-en... car si l'on ne vous avait pas rappelé de Champagne, vous n'auriez pas commis cette sottise. Je suis la cause innocente de vos malheurs ; je veux y remédier, et j'entends que vous ne fassiez nrâtre à cet égard aucun obstacle., ou sinon... vous le savez, monsieur, j'ai toujours eu très-mauvaise tête!
Il s'empara de nouveau de mes mains et fondit en larmes. Je sonnai, Thérèse entra.
— Voyons, lui dis-je, si tu auras meilleur goût qu'autrefois, ou plutôt moins de malice... 11 s'agit de choisir un costume...
Je lui indiquais de l'œil le pourpoint de serge de Camusard.
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Elle me comprit et s'en alla toute joyeuse avec ma bourse.
— Calmez-vous, mon ami , dis -je au pauvre huissier, chacun en ce monde a ses douleurs : j'ai les miennes, dont je vous ferai le récit. Peut-être me rendrez-vous un service plus grand que tous ceux que vous pourrez recevoir de moi.
Il me regarda d'un air incrédule.
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— Cela vous étonne ! lui dis-je... Rien de plus vrai cependant, je vous le jure, et si je vous suis de quelque utilité dans une circonstance fâcheuse, c'est autant par égoïsme que par bonté. Il ne faut déjà pas me témoigner tant de reconnaissance.
— Ah ! vous êtes un ange, Marion ! Pourquoi n'ai-je pu réussir à me faire aimer de vous?
— Est-ce le regret de m'avoir perdue, lui demandai-je en souriant, qui vous a conduit à épouser Lisette?
— Non , me répondit-il avec un soupir, c'est mon séjour au Châtelet... Je suis tombé dans un piège indigne.
— Et comment cela?
— Quoi ! Marion, vous voulez que je vous raconte...
— Je l'exige. Où trouverai-je un remède, si je ne connais pas le mal?
— Il n'y a plus de remède.
' — Nous verrons, commencez toujours.
— Eh bien, dit-il avec un nouveau soupir, cela date de votre Cuite du faubourg Saint- Victor.
— Oui, je le sais. . . Vous et Lisette avez été pris par les sergents oour les maîtres de la maison. L'erreur, néanmoins, était aisée à détruire. Et puis vous étiez le fiancé de ma sœur Jacqueline. Je ne vois pas quel enchaînement fatal a pu vous contraindre... ou plutôt, il est facile de le deviner, Lisette vous a fait des avances.
— Hélas ! oui, s'écria-t-il, et je m'y suis laissé prendre comme un sot! A notre arrivée au Châtelet, ce fut elle qui répondit au magistrat chargé de notre interrogatoire. Elle commença par déclarer que j'étais son mari, un homme très- honorable , nommé tout récemment huissier à la cour des comptes ; elle jura de faire pendre les sbires assez malavisés pour mettre en état d'arrestation deux personnes de notre sorte. Pensant qu'elle agissait pour le bien, je n'eus garde de la démentir. Le magistrat, d'ailleurs, nous témoignait de la considération ; ma prétendue compagne lui imposait beaucoup. Il nous pria de patienter quelques heures, jusqu'à l'arrivée de témoins propres à constater notre identité. Nous fûmes conduits, en attendant, Lisette et moi , dans une chambre fort convenable. Elle s'amusait de l'aventure et me disait en riant de ne pas abuser des droits d'époux dont elle venait de m'investir.
« — Ah ! s'écriait-elle, si l'on pouvait savoir au Louvre que la fille de Henri IV se fait passer pour l'épouse d'un huissier !
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