‹ Les confessions de Marion DelormeChapitre 22 sur 39 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

Au moment où je me précipitais avec Etienne du haut du pont Notre-Dame, un homme accourait en toute hâte sur le quai des Orfèvres.

Depuis notre séjour à Vincennes, le peintre du Louvre était venu frapper souvent au logis de la rue Saint-Antoine; mais nous n'avions pas laissé d'adresse.

Il avait, ainsi qu'on va le voir, des raisons pour chercher nos traces .

Saint-Sorlin était du nombre de ceux qui montaient parfois à l'atelier de Daniel. Il y aperçut un jour ma miniature,

— Marion! cria-t-il... Vous la connaissez? Le peintre le regarda d'un air surpris.

— Vous êtes dans l'erreur, ce portrait est celui de la fenme un de mes élèves, répondit-il.

— Bon! d'Etienne Lambert?., nous savons tous les déta. s. Mais où nos amoureux se cachent-ils depuis huit jours? Ils ne sont plus dans leur mansarde. Ninon est surprise de ce départ, et je n'ai pu obtenir le moindre renseignement rue des Tournelles. La soubrette qui tient ordinairement les secrets n'a point celui-là. Votre petit peintre est rîdiaile! on n'enlève pas ainsi Marion. Vit-on jamais pareil abus? 11 me k faut sur-le-champ pour le service du cardinal, entendez-vous, DanM ? et je vous charge de me la trouver.

— Marion Delorme !.. mais Éijenne ne s'en doute pas.

— Non, parbleu ! c'est le plus joli de l'aventure. Du Moustier devint pâle.

— Si jamais il apprend cela, murmuï*a-t-il, je suis sûr d'une chose. •

■ — De quoi donc êtes-vous sûr ?

— Il tuera sa maîtresse ou il se tuera lui-™ème,

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MAIIION DKLOIIME

— Vous m'effrayez!

— C'est comme je vous le dis. Je connais l'homme : une nature enthousiaste, un cenreau perdu dans les nuages. Il croit avoir triomphé d'une jeune et candide modiste, il compte en faire sa femme.

— Allons donc!

— Je vous l'affirme. Si jamais Etienne apprend que son ange d'amour est cette beauté fameuse, dont les intrigues ont scîindalisé tout Paris, il perdra la tête... J'ai peur d'une catastrophe.

— Mais il faut arracher Manon des mains de ce jeune fou! cria Saint-Sorlin : Richelieu la demande pour une affaire de la plus haute importance. Voici le troisième message qu'il m'expédie de La Rochelle. Promettez-moi de chercher à découvrir le refuge de nos amoureux.

— Je ferai tout pour cela... Oh I oui, séparons-les au plus vite ! A partir de ce moment, Daniel se rendit chaque jour à notre

ancienne demeure, afin de s'informer si nous y avions reparu.

Il arriva, le soir même où je venais de m'élancer à la poursuite d'Etienne, et trouva les voisins se livrant à mille commentaires. On lui dit que son élève était sorti le premier, le désespoir empreint sur le visage; que j'avais paru ensuite, échevelée, tout en larmes, et laissant échapper le mot de suicide au milieu du désordre de mes discours.

Daniel frémit. 11 se précipita, malgré la pluie et l'orage, sur la route que nous avions prise.

Un pressentiment le guida vers la Seine. Bientôt il nous aperçut, aux lugubres clartés de l'éclair, debout sur le parapet du pont et déjà penchés vers le gouffre qui allait nous engloutir.

Il jeta des cris d'épouvante.

Mais les éclats de la foudre empêchaient sa voix d'arriver jusqu'à nous. D'ailleurs, j'aurais repoussé le salut. Je venais de recevoir le pardon d'Etienne; il m'entourait de ses bras, me pressait contre son cœur, et cette suprême et solennelle étreinte changeait pour moi la mort en un enivrement céleste.

Daniel entendit notre chute au milieu du fleuve.

Ses cris redoublèrent. Il attira ainsi quelques mariniers qui buvaient dans un cabaret du voisinage. Ces hommes détachèrent une barque et se mirent à ramer vers l'endroit où Daniel affirmait nous avoir vus disparaître.

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En atteignant le fond de l'abîme, je me trouvai dégagée des bras d'Etienne.

Ou le courant nous avait désunis, ou l'instinct de la conservation, plus puissant que toutes les résolutions humaines , nous faisait lutter contre la mort.

Je remontai à la surface.

Un instant, je revis le ciel éclairé par les lueurs de l'orage ; mais \|j^

presque aussitôt je redescendis au fond du gouffre. J'avais dans les oreilles un tintement horrible. Il me semblait qu'un cercle glacé m'étreignait le cerveau, qu'une montagne m'écrasait la poitrine, puis je perdis jusqu'au sentiment de la douleur.

De l'asphyxie à la mort, il n'y a plus ni angoisses, ni souffrances J'étais arrivée au terme fatal, et ma nature épuisée ne se révoltait plus contre la destruction.

Pourquoi, Seigneur, avoir laissé raviyer ce flambeau qui allait s'éteindre ? Est-ce un impitoyable arrêt de votre justice î

Dans leurs recherches, les mariniers avaient remarqué ma robe, un instant gonflée par le courant. Avec de longs avirons garnis de crochets, ils me retirèrent de la Seine. On me transporta vivante sur la rive, tandis qu'Etienne restait au fond du fleuve.

Ne me trouviez-vous point assez châtiée, Seigneur !..

Quand je revins à moi, le premier objet qui frappa mes yeux fut le cadavre d'Etienne. Du Moustier n'avait pas songé à m'épargner ce spectacle, accablé qu'il était par la fin cruelle de son malheureux élève.

Je me dressai, plus pâle qu'un spectre, et je tombai à genoux auprès de ma victime.

Longtemps je regardai ce corps inanimé d'un œil morne, sans verser une larme, sans pousser un soupir. Enfin, les mariniers voulurent m'arracher à celte contemplation funèbre ; mais je me débattis, et, me précipitant sur le cadavre, je l'entourai de mes bras.

Je perdis de nouveau connaissance, en embrassant celui qui était mort pour moi.

On profita de cet évanouissement et l'on me porta rue Saint- Antoine, oii je passai la nuit au milieu de la fièvre et du délire.

Averti par Du Moustier, le secrétaire du cardinal arriva dan^ la vy

matinée suivante. Son premier soin fut de me ramener à la maison de la rue des Tournelles.

M A m ON DRLOIIMK

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Mon élal inspirait les craintes les plus graves.

L'enfant, qu'avec une joie si vive et si pure j'avais senti très saillir, fut lui-même victime de tant de secousses affreuses. Il n(\ me resta plus rien... plus rien, mon Dieu! de cette affection <\\\'\ devait faire le bonheur de ma vie. Toute autre femme, à ma place, n'eût pu résister à ces tortures multipliées. J'y survécus. Le ciel voulait me garder sans doute pour d'aulres punitions et d'autres infortunes.

Oui, j'avais commis un crime en trompant Etienne. Hélas! la fillo tachée de honte, la créature indigne qui a mis les pieds dans la fange du vice n'a pas le droit de se réhabiliter par l'amour...

J'aperçus à mon chevet les anciens complices de mes désordres, et je fermai les yeux avec terreur.

Tous ceux que le jeune peintre avait nommés, Saint-Sorlin, Émery, Marsillac, Guébriand, Senneterre étaient là, me félicitant de mon retour à la vie, me parlant un langage que j'avais espéré ne plus entendre. Je leur répondais par des sanglots et des larmes. Mademoiselle de Lenclos me témoigna dans cette circonstance un dévouement généreux et sincère. Elle ne quittait pas ma chambre.

Gui-Patin, son docteur, alors en grande réputation, abandonnait sa clientelle pour me prodiguer ses soins.

Il était impossible de voir des amis plus affectueux et plus tendres, et cependant leurs consolations ne purent vaincre mon profond dégoût de l'existence. Je répétais à Du Moustier, toutes les fois qu'il venait me voir :

— Daniel ! Daniel! pourquoi ne m'avez-vous pas laissé mourir? Sa présence ajoutait à mes regrets. Ninon le supplia de suspendre ses visites.

Prenant sur moi l'autorité que lui permettait son titre d'amie, elle me défendait de parler de la rue Saint-Antoine, et de prononcer le nom d'Etienne. Si je résistais à cette défense, elle recourait à la supplication, m'embrassait en pleurant et m'assurait que j'étais indispensable à son bonheur.

Elle renvoya tous mes anciens amoureux , à l'exception de Saint-Sorlin, qui avait ses raisons pour hâter mon rétablissement.

Au sujet des ordres sévères transmis jadis par le cardinal à sa police secrète, il me dit :

— Ces ordres sont révoqués provisoirement, et Richelieu vous

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AMOURS HISTORIQUES

pardonnera si vous lui rendez un service dont je vous ferai bientôt connaître la nature. Il faut vous décider à m'iraiter, chère belle. Quant on craint une bête fauve, il n'y a qu'un moyen d'échapper à ses griffes, c'est de la flatter partout et toujours.

Sans entrer dans plus d'explications, il venait en aide à mademoiselle de Lenclos pour combattre ma tristesse.

Je cédai à tant de prévenances affectueuses; je répondis aux amitiés de Ninon, j'écoutai les épigrammes de Saint-Sorlin contre Richelieu, et je pris, sans trop de répugnance, les remèdes de mon Esculape.

En un mot, si ma douleur vivait toujours, je consentais du moins à vivre avec ma douleur.

Gui-Patin détestait Théophraste *; néanmoins il avait à peu près son système et s'occupait beaucoup du moral de ses malades. Voyant que je commençais à écouter et à répondre, il se mit à entamer une foule de contes fantastiques, à me narrer mille histoires grotesques. Quand sa mémoire était en défaut, il appelait l'imagination à son secours, et ses anecdotes improvisées n'étaient pas les moins amusantes.

Il était malin comme un singe, connaissait tous les ridicules, et nous déroulait une fort jolie collection de scandales.

Sa verve caustique attaquait principalement ses confrères. Il les abîmait de sarcasmes et se moquait fort de la sottise de ces messieurs, qui voulaient, à cette époque, faire de l'antimoine une panacée universelle.

Gui passait volontiers condamnation sur son art, disant que les médecins, comme la peste, la famine et tous les fléaux, avaient mission, ici-bas, de décimer les hommes et de pratiquer une saignée au genre humain, lequel, sans cette précaution de la Providence, arriverait à un état de pléthore très-alarmant.

Le docteur atteignait la trentaine.

Il avait une figure assez régulière, le nez un peu long, les yeux

pétillants, les dents blanches , et une petite moustache blonde du

plus séduisant effet.

'En nous donnant, en 1840, une édition complète des Œuvres d'Âmbrom Paré, M. le docteur Malgaigne a rendu à la science un service inappréciable; et l'un de ses collègues, M. Réveillé Parise, mérite les mêmes éloges pour sa publication des Leltrcs de Gui-Pattn. Dans ces lettres, il s'agit très-souvent de Théophraste- Gui-Patin le traite avec un mépris profond et le désigne sous le nom du Gazètttr. i^ote de l'Éditeur.)

MAIUON DELOIlMB

C'était na bizarre spectacle que nous offrait ce prêtre. Page 5-27.

Après avoir bien déclamé contre les médecins, il me supplia de Kie conformer à toutes ses ordonnances.

Je lui en fis la promesse.

— En ce cas, me dit-il, je vous prescris un voyage en Touraine.

Ninon, l'année dernière, a hérité de sa vieille tante, madame de

Monlaigu, et nous irons tous quatre ensemble visiter le château

de Loches... Oui, ma belle malade! vous ne refuserez pas, l'espère, la société de Saint-Sorlin et la mienne.

— Mais vos clients. Monsieur?

— Quoi ! ne le savez- vous pas, je les ai tous quittés pour vous?

— Ah! docteur, je vous dois beaucoup de reconnaissance, et il me sera presque impossible dé payer vos soins comme ils le méritent.

— Soyez sans crainte : je ferai tôt ou tard de ce paiement l'objet d'une ordonnance particulière. Vous avez promis de les observer toutes? ajouta-t-il en me lançant un coup d'œil singulier.

Ces paroles et ce regard amenèrent sur mon front une vive rougeur.

Mon pauvre Etienne était mort depuis un mois à peine , et Ton me tenait déjà de pareils discours ! Us avaient juré d'anéantir en moi jusqu'à la trace de son souvenir.

Gui changea d'entretien et me rappela que je devais à mademoiselle de Lenclos la première visite de ma convalescence.

Nous étions convenues, Ninon et moi, pour la plus grande facilité de nos communications futures, de percer une porte dans cette même muraille que les épaules de mon suisse m'avaient autrefois aidée à franchir. De mon jardin, je pouvais passer ainsi dans celui de ma charmante voisine et la visiter à toute heure , sans cérémonie.

Je trouvai Ninon se promenant avec Saint-Sorlin sous les beaux arbres plantés par le navigateur espagnol.

Elle se montrait, je dois le dire, beaucoup plus grave en compagnie du secrétaire de Richelieu qu'elle ne l'était jadis avec Marsillac, à l'ombre de ces mêmes bosquets.

— Quoi! c'est vous, chère amie? s'écria-t-elle en accourant à ma rencontre et en m'embrassant avec effusion. Vous voilà fraîche et gentille comme le jour où vous m'êtes apparue si à l'improviste, et où nous nous sommes si plaisamment amusées du petit prince et du gros trésorier de l'argenterie du roi 1

Je répondis à ce compliment par un soupir.

Mon miroir m'avait trop prouvé les ravages du chagrin et de la maladie. Il me fallait céder à Ninon le trône de la beauté; je n'étais plus qu'une pâle étoile auprès de cet astre radieux. Mademoiselle de Lenclos ne dépassait pas encore sa vingtième année, et moi je commençais, en parlant de mon âge, à me trouver légèrement en contradiction avec mon acte de naissance

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IMAlllON DLLOli.ME

il y avait bien cinq ou six ans que je m'en avouais vingt-doux.

Je ressemblais à beaucoup d'autres femmes qui veulent ainsi reculer l'aiguille sur le cadran de leurs jours, sans songer que le Temps est là, prtH à rétablir, de sa main railleuse, la vérité sur leur visage même.

Ninon resta trop constamment jolie pour avoir cette faiblesse, que je partageais avec beaucoup de personnes de mon sexe.

Le prodige de celte longue conservation de ses charmes fut bien extraordinaire. Son état de blonde la rendait plus susceptible de se faner qu'une autre, et, du reste, elle ne s'épargna jamais les joies les plus fatigantes du bonheur.

Elle eut à cet égard une chance inouïe.

Vraiment, il était difficile d'être aussi belle et aussi gracieuse. Son front, d'une magnificence et d'une beauté sans égales, s'encadrait dans sa douce chevelure à reflets dorés, qui, selon la mode du jour, s'aplatissait sur le sommet de la tète, pour se relever ensuite, de chaque côté des tempes, en boucles touffues. Menacée de perdre ce trésor après une couche périlleuse, Ninon fit adopter plus tard la coiffure mignonne à laquelle on donna son nom , et se laissa juste assez de cheveux pour ressembler à un page mutin.

Ainsi coiffée, mademoiselle de Lenclos parut plus johe encore.

Elle avait un ovale de figure parfait, de beaux yeux fendus en amandes et remplis d'une voluptueuse langueur, un nez d'une pureté de lignes admirable, îine petite bouche rose, provoquante ; des dents d'une blancheur extrême, et le plus dangereux de tous les mentons à fossette.

Blanche comme un cygne, fière de cet avantage et coquette comme dix femmes ensemble, Ninon avait le tort peut-être de se décolleter un peu trop.

Je lui en fis la remarque ; car, en vérité, sous le cordon de diamants qui relevait son corsage, traversait sa gorge de satin et allait retenir un léger manteau jeté par-dessus Tépaule, on aurait presque pu distinguer si elle portait ou non la ceinture de Vénus.

Elle s'amusa beaucoup de mes reproches, me montra une fort piquante lentille, absolument semblable à celle de l'ancienne connétable de Luynes, mais placée plus bas, et me dit en confidence que c'était sa plus triomphante séduction.

Donc il fallait se décolleter jusqu'à la lentille exclusivement.

Cette raison me parut sans réplique, et je n'insistai pas davantage.

Mè.

AMOURS HISTORIQUES

Trouvant Ninon si ravissante, j'éprouvai plus d'une fois, j'en conviens, des accès d'hunaeur jalouse; mais elle se montrait si bonne, qu'elle réussissait toujours à se faire pardonner sa beauté^ inôme par les femmes. »

Le docteur apprit à mademoiselle de Lenclos et à Sainl-Sorlin son ordonnance de voyage.

Il fut convenu que nous irions à Orléans, puis d'Orléans à Tours, par la Loire, et que Ninon nous conduirait ensuite au château de Loches, son domaine.

Je n'avais aucune objection à faire contre l'itinéraire. Peu m'importait d'aller à l'est ou à l'ouest, au nord ou au sud, en France ou à l'étranger. Je n'avais de goût pour rien ; je ne voyais en perspective aucune joie pour mon cœur, et je ne demandais même pas de renseignements au secrétaire du cardinal sur la manière dont il entendait me réconcilier avec son maître.

Cette indifférence absolue affligeait mes amis.

Ninon déclara qu'il ne suffisait pas d'avoir dompté la force de ma douleur. A l'entendre, cette mélancolie dont je gardais les traces m'allait fort mal. Je ne sais combien elle me lutina pendant ce voyage de Tours, que nous fîmes à petites journées et par un temps radieux. Elle se chargeait de m'adresser des déclarations pour Gui-Patin. Le pauvre homme, disait-elle, maigrissait à vue d'œil. N'était-ce pas une honte de conduire à trépas celui qui m'avait ramenée à l'existence?

En effet, le joyeux docteur prenait une mine fort lamentable.

Il osa me dire qu'un nouvel amour pouvait seul compléter ma guérison. Naturellement il s'offrit pour administrer le remède; mais je me révoltai contre cette ordonnance dictée dans l'intérêt du médecin et non dans celui de la malade.

Le secrétaire du cardinal tenta lui-même de reconquérir quelques anciens droits tombés en désuétude. Il échoua comme le docteur. Je me serais crue trop indigne et trop méprisable de renouer une intrigue, aussi près que je l'étais encore de la tombe l'Etienne.

Ninon se fâcha sérieusement.

Elle jura de couper le mal dans sa racine, ou, si elle ne pouvait y réussir, de se brouiller définitivement avec moi.

D'ailleurs, le plan caché de Saint-Sorlin devenait irréalisable avec mes scrupules. Pour m' instruire de ce plan, on voulait que je fusse dans une tout autre disposition d'esprit.

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