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UN MÉLODRAME

Voici quel fut cet événement.

Un acteur du théâtre de Belleville avait une fille âgée de huit ou neuf ans, qu’on appelait Zizi et qui tenait, en chef et sans partage, l’emploi des enfants des deux sexes, dans toutes les pièces où il y avait un rôle d’enfant.

Elle jouait les petites filles en robe, — elle jouait les petits garçons en culotte, — et elle rapportait à monsieur son père un fort joli supplément d’appointements.

Le public bellevillois aimait beaucoup cette comédienne en miniature et lui faisait de véritables ovations.

Ceci donna l'idée au directeur de remonter un vieux mélodrame qu’il avait découvert en explorant je ne 6ais quel case de bouquiniste sur les quais, — et dans lequel se trouvait un rôle d’enfant beaucoup plus important que tous ceux qui, jusqu’à ce jour, avaient fait briller le talent précoce de mademoiselle Zizi.

Le mélodrame en question s’appelait Le Chateaü de la Roche-Noire, ouïe Proscrit Breton.

Ce mélodrame avait pour principal personnage un gentilhomme des environs de Nantes, poursuivi par les agents du Tribunal révolutionnaire dont l’un d’eux a juré sa mort, et réfugié dans une introuvable cachette de son château de la Roche-Noire.

Le petit Georges, fils du gentilhomme, — un enfant de cinq ans, — connaît le secret de la cachette de son père.

Il a été confié par ce dernier à des métayers dévoués, et il vit avec eux, sous un déguisement de petit paysan, dans une closerie voisine du château.

L’agent révolutionnaire, qui, par suite d’une rivalité amoureuse, e&t devenu le mortel ennemi du gentilhomme, arrive à la Roche-Noire avec des soldats bleus, et muni de pouvoirs illimités.

Sous le déguisement dont je viens de parler, il a reconnu le petit Georges ; — il sait que l’enfant possède le secret de la cachette, — il le fait amener devant lui, — il l’interroge, et par la persuasion, par la dou-

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