XVI DUCLOS
ble de ridicule, on n'y vouloit jouer que du neuf; presque tous les acteurs étoient auteurs des pièces qu'ils jouoient. Nos représentations (car je fus bientôt admis dans la troupe) étoient d'un ennui mortel; on se le dissimuloit : nous applaudissions tout haut, et nous nous ennuyions tout bas.
Si c'est un tableau de riiâtel de Brancas qu'il a voulu ainsi crayonner, il ne faut pas s'étonner de la rupture qui, au dire de M"^^ d'Épinay, eut lieu plus tard entre la comtesse de Kochefort et lui. Nous aimons mieux croire qu'il s'agit ici du salon de M'"£ de Tencin, dont le nom est presque reproduit dans celui de M'"^ de Tonins. Ce qui est certain, c*est que Duclos figura parmi les acteurs aristocratiques de l'hôtel de Brancas. Il y tenait ordinairement les rôles de valets. Il avait ses raisons pour cela, et c'est bien des raisons à la Duclos. « fétois très bon, disait-il un jour à l'hôtesse de La Chevrette, je faisois les valets; il y avoit une petite soubrette qui ctoit, pardieu! charmante, et nous jouions bien notre rôle tous deux. » Cette soubrette était la jolie comtesse de Forcalquier, veuve du marquis d'Antin, remariée en 1742 au fils aîné du maréchal de Brancas, celle que M'^^ du Deffand appelait la Bellissima '.
Par la société à la fois aristocratique et littéraire que réunissait M''^ Qvinault, et connue sous le nom
I . Voir L. de Loménie, la Comtesse de Rochefort et ses amis, Paris, 1870, p. 41,