SA VIE ET SES ŒUVRES XVII
de société du Bout-du-banc, et par celle du Caveau, où // se lia étroitement avec Collé, Duclos entrait dans un monde fort différent et où // ne fut pas moins fêté. Nous devons en croire Grimm. quand il dit de lui : 't Cétoit l'homme de lettres de France le plus à la mode^. » On peut juger de son crédit par ce fait, qu'en 17 39 // fut nommé membre de l'Acadéniie des Inscriptions et Belles-Lettres uniquement sur la recommandation de ses amis et sur le savoir qu'on lui supposait, mais dont il n'avait encore donné aucune preuve.
Si à cette époque Duclos avait publié quelque chose, c'était dans un genre qui ne touchait guère à l'érudition. Très lié avec le comte de Caylus, le comte de Maurepas, auquel il dédia plus tard son Histoire de Louis X\, l'abbé de Voisenon, Surgères, il passa pour n'être pas étranger à cette œuvre collective et badine qui parut en 1789 sous ce titre Les Écosseuses, ou les Œufs de Pâques, et qui fut suivie des Manteaux en 1746, des Étrennes de la Saint-Jean en 1742, cf du Recueil de ces Messieurs'^n 1745. Mais le premier ouvrage qu'il avoua, bien qu'il parut sans nom d'auteur, fut un roman : Histoire de M^e ot; Luz, anecdote du règne de Henri IV, dans lequel il a voulu peindre une femnie qui, toujours innocente et pure, est ce-
1. Correspondance littéraire, II, 3 7. Mars lySi. Confessions du comte de ***. c
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pendant victime des entreprises de libertins audacieux. Ce n'est pas sans quelque raison qu'on a vu dans ce livre un prototype, mais encore acceptable, du roman tristement célèbre du marquis de Sade : Justine, ou les Malheurs de la y ektu, qui parut en 1791.
Fontcnelle, que Duclos rencontrait, bien avant cette époque, chez M'"^ de Tencin, et qui avait été frappé de sa conversation, de ses réflexions sur la société et de ses portraits, l'avait engagé à écrire, à composer quelque ouvrage. « Sur quoi^ demanda Duclos. — Sur ce que vous venez de dire », reprit Fontenelle. Duclos se souvint sans doute de ce conseil, lorsqu'il écrivit les Confessions du Comte de *'*", qui parurent en 1742. Cette œuvre eut d'autant plus de succès que l'on y reconnut bien des figures, quoique dans l'avertissement Duclos se défendît d'avoir voulu peindre personne. Ce sont là des déclarations qui ne tirent pas à conséquence et auxquelles le public ne croit guère. Il en fut ainsi pour ce second roman de Duclos. Après la mort de son auteur, La Harpe, qui avait vécu au milieu des modèles, écrivait : « Porté de bonne heure dans la meilleure compagnie, en même temps qu'il en goùtoit les agrémens en homme d'esprit, il l'observoit en homme de talent. Celui de dessiner des caractères étoit alors fort à la mode, surtout dans la société de M"^^ de 7**^ (Tencin), et de M. le comte de F'- ""' (Foicalquier). La nianière d'écrire de