‹ Les confessions du comte de --Chapitre 15 sur 76 · SA VIE ET SES ŒUVRES XIX · texte numérisé non relu

SA VIE ET SES ŒUVRES XIX

M. Duclos se prctoit merveilleusement à ce genre : aussi LES Confessions du Comte de *'^* ne sonl-elles qu'une galerie de portraits tous supérieurement tracés. » — Et quelle galerie ! de femnies surtout. C'est M'"^ de Gremonville, la dévote ; M'^^ de Tonins, la précieuse ; M"^« de Persigny, la dissipée ; M"^« d'Albi, la capricieuse ; M'"^ de Lcry, la coquette, ; puis la facile, la libertine, la scélérate, la conseillère, la financière, la bourgeoise, et par-dessus tout cette charmante M"^^ de Selve, qui représente le sentiment, Vamour vrai, et dont la touchante histoire clôt vertueusement un roman qui n'avait pas commencé ainsi. Tout est bien qui finit bien!

Duclos en effet venait d'inventer, sinon le ronian de mœurs, du moins le roman à portraits, qui n'est pas non plus le roman à caractères. Dans celui-ci les personnages se peignent eux-mêmes, par leurs actes et leur langage ; dans celui-là, c'est l'auteur qui les peint : son livre est une galerie. C'était un genre distinct, que l'on ne connaissait pas encore en France. Le roman sentimental était né en 1678 avec la Princesse de Clèves, de M'^^de La Fayette, précédé par le ronian picaresque avec le Francion de Sorel (1 63 3), LE Roman bourgeois de Furetière (1666), LE Roman comic^ue de Scarron; le roman de mœurs avait paru plus tard, en 17 i5, avec le premier volume de GiL Blas, de Le Sage, et enfin le roman d'aventures avec les Mémoires d'un homme

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