SA VIE ET SES ŒUVRES XXI
lution générale des fautes qu'il a faites pendant sa vie et celles qui se trouvent dans son livre, par le R. P. P" ■ *, cordelier du grand couvent, 1742. Après la publication des Confessions du Comte DE ^**, Duc/os vit sa réputation vraiment établie.- C'est le moment de présenter son portrait. Nous l'empruntons à quelqu'un qui le connut bien, au comte de Forcalquier, qui l'écrivait vers 1742, pour la société de Hiôtel de Brancas.
L'esprit étendu, l'imagination bouillante, le caractère doux et simple, les mœurs d'un philosophe, les manières d'un étourdi. Ses principes, ses idées, ses mouvemens, ses expressions, sont brusques et fermes. Emporté par les passions jusqu'au transport, il les abandonne dès qu'elles s'écartent du chemin de la probité. Il n'a pas besoin d'être ramené dans les voies honnêtes par les réflexions; un instinct heureux, aussi sur que ses principes, et qui ne le quitte pas même dans l'ivresse des passions, l'a conduit, sans jamais l'égarer, à travers l'écueil de toutes les passions. Il n'a que de l'amour-propre et point d'orgueil. Il cherche l'estime, et non les récompenses... Ce qui lui manque de politesse fait voir combien elle est nécessaire avec les plus grandes qualités, car son expression est si rapide, et quelquefois si dépourvue de grâces, qu'il perd avec les gens médiocres qui l'écoutent ce qu'il gagne avec les gens d'esprit qui l'entendent ^
Duclos ne pouvait se dispenser de se peindre luimême, après avoir peint les autres. C'est pourtant ce qu'il a fait, dans une sorte de contre-épreuve du