XXIV DUCLOS
répondantj adoucit la critique. « L'âge, l'expérience, dit-il, et un grand fonds de bonté, avoient instruit M. Duclos à devenir indulgent pour les particuliers, et à ne plus dire qu'au public des vérités dures. »
Si Duclos ne domina pas son temps par ses livres, si par eux il ne vient qu'au second rang, personne ne lui fut supérieur dans la conversation. Dans un salon, il fascinait vraiment ses contemporains. Il faut jeter un voile sur les mœurs du libertin, qui a dit des femmes : « Je les aimois toutes, et je n'en méprisois aucune », et sur lequel il est difficile de révoquer en doute le témoignage de M'"^ d'Epinay, depuis les nouveaux passages de sa Correspondance et de ses Mémoires qui ont été publiés par Lucien Perey et Gaston Maugras. Mais le causeur peut être niis dans tout son jour. Pour cela nous citerons quelquesuns des mots qui nous en ont été conservés.
Boindin, qui passait pour athée, soutenait un jour, au café Procope, la pluralité des dieux. Duclos, qui affirmait contre lui l'unité divine, se mit tout d'un coup à éclater de rire. Interrogé par Boindin sur la cause de cette étrange hilarité : « C'est, répond-il, quen vous entendant soutenir la pluralité des dieux, vous qui passez pour nen admettre aucun, je me suis rappelé le proverbe : Il n'est chère que de vilain. » Ce mot le peint. Il a dit lui-même avec beaucoup de vérité : « J'avois la contradiction gaie. » // l'avait