‹ Les confessions du comte de --Chapitre 9 sur 76 · XII DUCLOS · texte numérisé non relu

XII DUCLOS

son fils et le rappela à Dinan. Daclos y passa toute Vannée 172$, mais bien malgré lui. Il n'en était pas encore à revoir avec plaisir les rues de sa ville natale. « Je n'éprouvai pas, dit-il, en apercevant les clochers de Dinan, qui se voient de loin, ce sentiment de plaisir qui m'affecte aujourd'hui quand j'y retourne. » Ce séjour lui fut salutaire. N'ayant pu obtenir de sa mère la permission d'acheter une lieutenance dans le régiment de Piémont et de suivre la carrière des armes, à laquelle il se croyait sans doute appelé par ses leçons d'escrime, il prit du moins la résolution de faire plus sérieusement son droit.

Kevenu à Paris au commencement de l'année suivante, il se mit en effet en pension chez un avocat au Conseil et reprit ses inscriptions. Mais l'entraînement du plaisir, son goût de plus en plus marqué pour les lettres, le détournèrent encore une fois, et pour jamais, de cette étude aride. Il donnait presque tout son temps « à la lecture des livres de belles-lettres latines et françoises ». // fréquentait la Comédie, et bientôt il devint un des habitués des cafés Procope et Gradot, situés l'un en face même du Théâtre- Français, l'autre sur le quai de l'Ecole, et où se réunissaient un grand nombre d'hommes de lettres. Boindin trônait dans If premier, à côté de l'abbé Terrasson, de Dumarsais, La Paye, Fréret, Piron, Desfontaines ; dans le second, La Motte, avec Saurin, Maupertuis, Melon, un précurseur des économistes.

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