PREMIÈRE PARTIE
m'élcit inconnu : mon cœur palpiioit, f envlsageois les conséquences de ma démarche, favois cette irré-
dution qui vient plus des doutes de V amour que li is combats de la vertu ; j'éprouvois ce doux frissonnement que donnent les approches du plaisir- Mon amant, qui m'attendoit, Ime prit dans ses kras et me conduisit dans son appartement ; ce ne fut pas sars m' arrêter à chaque pas pour m' accabler de carcr.ces : mon âme nétoit plus à elle.
Trop étonnée pour me refuser à l'amour, trop passionnée pour avoir des remords, mon âme nageoit dans les pla'sirs, et ne fit qu'un instant de quelques heures ; tout m'étoit nouveau, et cette nouveauté est l'ânze de l'amaur.
Jamais une plus aimable confusion ne s'est emparée des idées ; timide sur mes désirs, embarrassée dans mes expressions, séduite par les plaisirs, animée par ceux de mon cmant, je n'éiois que docile et soumise.
La nuit qui survint nous fit voir avec regret qu'il 'allait s'arracher des bras de l'amour ; le signor Carie me conduisit à la première gondole. Que j'a'mois mon amant ! je me reprothcis le peu d'amour que je lui avois témoigné, je désirais de le reDoW poar le rassurer.
J'allai chfiz la signora Baldi, je voulois avoit fait
•e visite que je pusse avouer à nicn mari. J'arrivai
chez elle au milieu d'une nombreuse compagnie,
tout le monde me parut ébloui de ma beauté ; le
bonheur de l'amour répand l'éclat et la sérénité siîr tous les traits. Mon amant me devint plus cher que ma vie ; l'amour nous fit rechercher de nouveaux rendez-vous, et nous les j'it trouver. Tout ce que V amour inspire aux amans, tout ce que les plaisirs peuvent procurer, nous l'avons mis en pratique avec un succès toujours nouveau. Hélas ! il ne m'en reste que les regrets : il est parti, et je ne puis soutenir l'idée de ne le voir jamais. J'ai reçu de ses nouvelles ; mais les foihles plaisirs que les lettres procurent ne servent qu'à faire regretter un état plus hureux. Les amans qui m'obsèdent ne font qu'irriter mes peines, et ne peuvent effacer Carie de mon âme.
Adieu, ma chère amie, plaignez et aimez-moi.
J'étois dans toute la vivacité de mon intrigue avec la signora Marcella, lorsqu'on apprit à Venise la mort du roi. Je reçus ordre en même temps de revenir en France.
Comme j'étois moins retenu à Venise par l'amour que par des plaisirs qui se trouvent partout, j'eus moins de peine à m'en arracher. J'essayai inutilement de consoler Marcella ; enfin, après lui avoir promis de revenir, et après toutes les protestations que les amans font en pareil cas, souvent de la meilleure foi du monde, et qu'ils ne tiennent jamais, je partis.