‹ Les confessions: souvenirs d'un demi-siècle, 1830-1880Chapitre 9 sur 20 · LES TROIS RAYONNANTES · texte numérisé non relu

LES TROIS RAYONNANTES

Blonde comme le froment

Il parut en ce tems-là un petit volume imprimé sur papier du Japon où un pocte chinois contaill'histoire invraisemblable des trois amours de l'empereur du Céleste Empire.

Cette histoire rappelle de loin une histoire toute parisienne qui sans doute n'était qu'un roman. Si on l'Imprime ici, c'eslquc le livre fut saisi et qu'à moins d'avoir beaucoup d'or dans sa bourse on ne peut retrouver cette légende. .

Qu'est-ce que la légende, sinon la poésie mystérieuse de l'histoire i>

L'Empereur fils du Ciel aimait les femmes. Ce n'était pas UQ Don Juan ni par la figure, ni par' l'altitude,

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mais il y avait dans son sourire une expression de bonté qui captivait les plus hautaines. Comme on parlait beaucoup de son absolutisme, on se laissait prendre d'autant plus à sa douceur. Il avait marqué son règne par un grand coup, il promettait d'apaiser à jamais des révolutions de la Chine et de mettre à la raison les pays circonvoi* sins : en fallait-il davantage pour lui faire une figure dans le royaume des femmes } Quelques-uns de ses courtisans avaient peur qu'il ne fût dominé par une ancienne maîtresse qui les dominerait par ricochet; c'était une fort belle créature venue des pays du Nord, avec une chevelure opulente et des seins luxurians. Mais quelques autres des courtisans de l'Empereur, fascinés par les magies de cette magicienne, travaillaient dans l'ombre à en faire une favorite, qui sait ? peut-être une impératrice. Rien n'est impossible dans l'impossible.

Voilà pourquoi on la vit un jour apparaître à une fête de la Cour à la grande surprise de l'Empereur lui-même, qui ne lui avait pas permis de chanter si haut. Elle était tout justement escortée parles courtisans qui voulaient l'élever jusque sur le trône; ils avaient même osé lui donner deux dames d'honneur, de ces femmes de Tancienne aristocratie qui sont toujours prêtes, pour un peu d*argent comptant, à piétiner le livre héraldique.

Cette apparition fut comme un coup de foudre dans un parterre de roses. Toutes les vertus plus ou moins fragiles de la Cour se récrièrent et demandaient leur carrosse. Mais les plus indignées se ravisèrent bientôt. Le maître était le maître. On se risqua même dans un quadrille à danser vis-à-vis de la favorite, en rappelant

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que plusieurs empereurs de la Chine avaient imposé des Agnès Sorel, des Diane de Poitiers, desMontespan, des Pompadour et des du Barry,

L'Empereur riait sous ses moustaches relevées; il apprenait de plus en plus à connaître les hommes et les femmes.

Ce que voyant, les courtisans de la première catégorie se promirent de jeter des bâtons dans les roues du char doré de la favorite, voulant relever la Chine de cette humiliation.

Un des premiers ministres en causa un matin avec un académicien tout en lui offrant un cigare exquis ; dès les premières paroles, Tacadémicien imagina de faire un roman en action. N'était-ce pas bien plus amusant que de prendre la plume? Il avait sous la main deux étrangères, la mère et la fille, deux vraies héroïnes de romans. La mère avait joué son jeu çà et là avec le romancier; la fille était belle comme une princesse des contes de fées ; elle avait la désinvolture des femmes du meilleur monde, toute la luxuriance de la jeunesse en épanouissement, des cheveux blonds à reflets d'or, des yeux bleus comme un ciel d'Espagne, des lèvres rouges comme une framboise, des joues rosées comme les fleurs du pêcher, des épaules blanches comme les brumes aurorées du matin; c'était un divin spectacle que de la voir passer^ harmonie idéale, au milieu des fêtes mondaines.

Elle était fort admirée par tous ceux qui sont préoccupés de la femme dans la capitale du Céleste Empire ; les jalouses ne manquaient pas de dire de la mère et de la fille que c'étaient de simples chercheuses d'aventures à bout de ressources, dépensant, pour se faire belles, leur

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dernier maravédis, mais la beauté triomphe de tout, même de la calomnie, parce que la beauté est une éloquence qui gagne toutes les causes, même les mauvaises.

Or, comment le romancier allait-il mettre en scène son héroïne pour qu'elle frappât les yeux de TEmpereur de Chine?

On était en automne, la saison des grandes chasses. Le romancier dit au ministre : t II faut inviter la mère et la fille ; les étrangères ont toujours droit de cité à la Cour, la mère restera au palais d*étéy la fille suivra la chasse en amazone. »

La fille était adorablement belle en amazone.

On eût dit Diane chasseresse avec le sourire de Vénus. Aussi quand elle apparut à TEmpereur, il faillit en perdre ses étriers. « Quelle est donc cette belle créature? demanda-t-il autour de lui. — Je ne sais pas. - Ni moi non plus. » — Nul ne l'avait vue à la Cour ; elle avait le prestige de l'inconnu. Toutefois, le ministre dit d'un air distrait : « Je crois que c'est cette étrangère dont j'ai dit un mot à Votre Majesté. — Elle est adorable, il faut qu'elle vienne au milieu de nous.» En un tour de cheval, le ministre ramena la jeune fille. Le soleil traversant la feuillée, jetait des miettes d'or sur la chevelure de ia chasseresse qui apparut ainsi à l'Empereur comme sous une auréole. Il fut ravi. Il lui demanda si elle n'avait pas peur d'Endymion >

Elle répondit ingénument qu'elle n'avait peur que de Sa Majesté, parce qu'on avait toujours peur des dieux. Voyez que tout cela commençait comme dans l'Olympe.

Naturellement la jeune fille fut pendant toute la chasse

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au côté de l'Empereur qui n'avait plus qu'un souci : la voir encore, la voir toujours dans ses ingénuités, ses enjouemens et ses charmeries.

Le soir, il lui fallut assister à la curée, un peu plus l'Empereur l'eût suivie jusque dans son cabinet de toir lette, il ne la quitta qu*à la porte, la suppliant de ne se point faire attendre pour le dîner — le dîner de ses yeux! — Il se fit plus beau que de coutume, mais quand il vit réapparaître l'amazone en robe décolletée, il sentit qu'un empereur était moins que rien devant une belle femme, puisqu'un empereur n'est qu'une force du hasard, tandis qu'une belle femme est une représentation officielle de la divinité.

Ce qui acheva de lui faire tourner la tête, c'est que la chasseresse avait mis dans ses cheveux une branchette de sorbier rouge qu'il lui avait cueillie dans la forêt : elle lui sembla encore plus belle. La vérité, c'est qu'il n'avait rien vu jusque-là qui lui fût comparable avec sa grâce hautaine, sa douceur sous sa fierté, les charmes pénétrans de son sourire. Comme il voulait se faire une amie de la mère, il la mit à sa droite, mais il voulut donner le côté du cœur à la fille. Le maître des cérémonies lui représenta que ce serait un attentat au grand art du savoir-vivre; on se contenta de mettre la demoiselle en face de lui, mais combien d'oeillades idolâtres! c'était pour lui le festin des dieux.

Après le dîner, la chasseresse servit de sa blanche main le café à l'Empereur. Jamais café chinois ne fut plus odorant et plus savoureux. « Quel merveilleux café vous m'avez servi !— N'est-ce pas, Sire? Le vôtre n'était pas si bon. »

Et l'Empereur prit des mains de la jeune fille une jolie

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tasse de Sèvres*, disant que c'était pour boire dans son verre. — Il but l'amour.

Je ne raconterai pas toutes les charmantes folâtreries de la soirée ; quoique la chasse eût roué les courtisans les plus dispos, il leur fallut bon gré mal gré être de tous les jeux. Le lendemain, l'empereur de la Chine qui avait mal dormi, parut très mélancolique; c'est que la jeune fille qui avait promis au romancier de lui obéir, pour que la comédie eût un beau dénouement, était partie parla première caravane; si bien que le monarque se trouva plus seul que jamais. Il pensa à faire venir sa maîtresse ; mais cette figure qui naguère était toute sa passion ne lui disait plus rien, ceci avait tué cela ; tout empereur qu'il fût, il ne dédaigna point d*écrire luimême un billet doux à la chasseresse :

c Pourquoi êtes-vous partie ? vous savez bien que c vous étiez désormais l'âme de nos fêtes, revenez bien c vite en ce palais d'été qui a l'air d'un palais d'hiver c depuis ce matin. »

La chasseresse se hâta de porter la lettre de l'Empereur au romancier qui lui mit la plume à la main pour lui dicter ceci :

c Vous savez bien que Diane ne hante que les forêts, c parce qu'elle a peur que l'amour ne lui brise son arc c et SCS flèches.

c Vous ne voulez pas que Diane devienne la prec mière femme venue, une amoureuse qui tomberait c dans tous les afTolemens et qui ne se consolerait de c ses rêves bientôt évanouis qu'en pleurant toutes les

* En France, on boit le café dans du vieux Chine. En Chine, on le boit dans du vieux Sèvres,

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€ larmes de ses yeux. En fuyant, j'ai fui le danger, j'ai € fui mon cœur, j'ai fui l'abyme, car j'ai eu le vertige. »

En lisant ce billet qui répandait je ne sais quel doux parfum de jeunesse irisée, l'Empereur s'écria : « Ohl ohl ce n'est pas pour rire. » Il appela un de ses aides de camp pour se promener avec lui dans le parc, il s'appuya sur son bras et lui dit presque douloureusement : « Si vous saviez comme j'aime cette jeune fille. — C'est terrible, dit l'aide de camp, qui jouait son rôle dans la comédie. — Pourquoi est-ce terrible? — C'est parce que Votre Majesté n'aura pas raison de cette jeune fille comme de tant d'autres femmes, c'est une jeune fille bien née, il y a eu des souverains dans sa famille, elle rêve elle-même la souveraineté. — Eh bien I nous voilà embarqués sur une mer dangereuse : pourquoi diable a-t-on invité ces deux étrangères?— Pourquoi? est-ce qu'on connaît jamais le « jeu de la destinée? »

Vous voyez que le romancier commençait bien son roman.

L'Empereur n'alla pas ce jour-là à la chasse, il s'enferma dans son cabinet pour écrire à la chasseresse. Voilà bien les amoureux qui cherchent la solitude : il faut qu'ils soient seuls pour pouvoir évoquer la figure adorée.

L'Empereur écrivait dix lettres de plus en plus brûlantes; comme il n'oubliait pas qu'il était l'empereur, il avait peur que son style enflammé ne courût le monde et ne subît les moqueries de son peuple né malin. Il se décida pourtant à signer une des lettres écrites, la moins abandonnée, c'est-à-dire la plus mauvaise.

La chasseresse la lut pourtant avec un sentiment de joie et d'orgueil ; elle voyait ainsi à ses pieds un des IV la

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dominateurs du monde. Il lui disait que, dans tous les empires, une femme avait inspiré les souverains. Cette femme, c'était elle qui devait inspirer l'empereur de la Chine. Afin de ne point parler mariage, il relevait au rang des archidéesses, c'est-à-dire bien au-dessus de lui. Son rêve était de la couvrir de perles et de diamans, de lui bâtir un palais inouï où il irait se jeter à ses pieds dans les éperdumens de son amour. Ainsi elle sauverait sa raison en péril, ce serait sauver la raison d*Ëtat: quel plus beau rôle pour la femme I

Naturellement la chasseresse porta sa seconde lettre au romancier qui lui dicta la seconde réponse :

« Vous voulez m'éblouir par toutes ces hautes poésies € qui dépassent mon cœur, je ne m'élève pas dans de « telles régions ; car moi je ne comprends que la poésie « intime du coin du feu. Je me rappelle un conte indien. « Un homme avait deux filles, la première était orgueil- € leuse et se laissa prendre aux prodigalités d'un prince « du voisinage qui lui donna tout, moins sa main ; elle « mena la vie d'une femme galante qui cherche toujours « et qui ne trouve jamais. Le prince eût désiré qu'elle « lui donnât des enfants, mais les femmes galantes sont « comme les arbres à fleurs doubles qui ne donnent jac mais de fruits. Pendant que la sœur aînée courait à « tous les désenchantemens, la sœur cadette épousait « un prince qui voulait vivre dans l'amour de sa maison c comme dans l'amour de son peuple. Autant la pre- « mière aimait le tapage et le luxe, autant la seconde c aimait le silence et la simplicité, parce qu'elle était c pénétrée des devoirs de la femme ; aussi il arriva que c le prince bruyant se hasarda dans toutes les folles c entreprises sous l'inspiration de sa maîtresse, qui

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« avait pris une cravache au lieu de prendre un évenc tail, tandis que le prince silencieux devint un prince « incomparable sous Tinspiration de sa femme qui lui « donna un fils superbe pour lui succéder.

« Moi, Sire, je ne veux pas être la sœur aînée et je « n*aspire pas à devenir la sœur cadette ; mais au-des- « sous des empereurs il y a des hommes qui sont pétris « d'une pâte tout aussi fière; que m'importe Téclat de la « Cour à moi qui ne demande qu*à être une mère de fa- « mille.

Ah ! si vous n*étiez pas le Fils du Ciel, avec quelle

« joie je serais

c Votre chasseresse. »

Le romancier avait frappé juste. L'Empereur aimait les contes, le dernier mot lui alla droit au cœur. Aussi disait-il à ses courtisans : « La chasseresse n'est pas seulement un cœur, c'est un esprit; comme on serait heureux de trouver sa pareille dans une des cours de l'Asie. »

On venait en ce tems-là de refuser une princesse de sang royal à l'empereur de la Chine. Oui, un petit prince qui régnait dans un duché en miniature, avait osé refuser sa fille à l'Empereur, sous prétexte qu'il n'était pas d'assez bonne maison. Aussi l'Empereur s'écria-t-il : t Je leur montrerai comment on fait une impératrice. »

Il y avait toujours deux camps à la Cour : ceux qui tenaient pour la maîtresse et ceux qui jouaient leur rôle dans la comédie du romancier. Les premiers mirent tout en œuvre pour que la maîtresse l'emportât, et les seconds ne se laissèrent pas distancer dans ce steeple-chase.

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L*Empereur était revenu dans sa capitale ; tout était si bien ordonné qu'à chaque pas, à pied ou en carrosse, au théâtre ou au Bois, la chasseresse lui apparaissait, mais comme la jeune fille de Virgile qui fuit sous les ramées.

Et toujours les lettres allaient leur train. C'était le train de l'amour, le train express. Cela lui brûlait les ailes. L'Empereur finit par dérailler.

C'était prévu. Je ne dirai pas le mot à mot de toute rhistoire, la chasseresse fut aussi inabordable que Diane, elle triompha de toutes les séductions, elle n'avait pas de quoi acheter des robes, mais elle ne se préoccupait que de sa robe de mariée à Pékin ; d'ailleurs, la beauté a toutes les couturières à ses trousses.

L'Empereur en arriva au paroxysme de la passion ; la j-eune fille daigna aller au palais d'hiver où elle sembla plus belle et plus adorable encore. Le lendemain, le romancier qui savait dessiner, envoya à l'Empereur les armoiries de la chasseresse, ce qui surprit quelque peu le souverain, car il ne la croyait pas d'une si belle branche. C'était une branche de salut dans le naufrage de son orgueil. La géographie héraldique est la géographie des illusions. Cela est écrit dans les nuages. C'est si haut qu'on peut bien allumer des étoiles par là. César ne croyait-il pas descendre de Vénus par la ligne droite I Le romancier mit peut-être les armes de Junon dans son travail. A -coup sûr, il y mit des armes souveraines; voilà pourquoi la jeune fille dit à son amoureux couronné : « Après tout, je suis id'aussi bonne maison que vous. » •

'- Là maîtresse lutta jusqu'au dernier moment, mais elle fut abandonnée peu à peu par ceux-là mêmes qui lui

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avaient improvisé des dames d'honneur; ses courtisans £*égrenèrent comme un chapelet, il ne lui resta que ses ]armes pour pleurer son amant.

Ces larmes c'étaient des perles, car ellestombaientdu cœur. Ce ne fut pourtant pas avec ces perles là que la capitale du Céleste Empire fit un collier incomparable à la future Impératrice.

Vint le jour du mariage, les cloches sonnèrent à grandes volées, la chasseresse triompha sur toute la ligne, mais je ne sais quel triste pressentiment courut comme un frisson dans tous les cœurs.

C'est que celte jeune fille qui n'était la veille qu'une étrangère, devenait l'âme de la nation ; c'est que cette jeune fille qui ne tenait à rien dans le pays, prenait tout d'un coup la figure de la Destinée du Céleste Empire. Elle était belle et douce, mais qui sait } Sous le premier pli de ce front, il y a un rêve d'orgueil qui mettra peut-être tout l'Orient à feu et à sang.

Blonde comme le blé de maïs

Ainsi va le monde de l'amour. H ne se passa pas bien longtems sans que l'empereur de la Chine qui aimait les aventures ne se tournât vers un soleil levant ou vers une étoile du soir. Je me trompe, ce fut encore une comète, une grande dame tantôt brune, tantôt blonde, aussi idéalement belle que la jeune impératrice de la Chine. Un peu moins de perles et de diamans, mais des perles dans la bouche et des diamans dans les yeux. La beauté

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a toujours raison : on pardonna à la mandarine, dans le beau monde perverti, de faire du roman avec Tempereur de la Chine, ou plutôt d'être le tome second du roman de la chasseresse.

Dans toutes les capitales, il faut que Ton s'amuse, car si l'on s'ennuie, l'Empire est perdu. Que de chapitres charmans il me faudrait transcrire ici : la belle habitait un petit hôtel plus ou moins mauresque, qui avait naturellement un escalier dérobé et une porte cachée : l'empereur de la Chine, sous prétexte de fumer un cigare, venait tourner la clef mignonne tous les jours entre onze heures et minuit, tantôt tout seul, tantôt accompagné d'un aide de camp, qui se promenait dans le voisinage, où lui-même trouvait un escalier dérobé.

On disait au palais que le fils du Ciel avait choisi cette heurenocturnepour travailler silencieusement aux hautes destinées du Céleste Empire; l'Impératrice n'y regardait pas de trop près, car elle avait une Cour qui l'amusait ; d'ailleurs elle ne doutait pas du despotisme de sa beauté. Quelle autre femme oserait lui disputer l'Empire } on n'était pas fâché d'ailleurs dans son monde que le maître ne fût pas toujours là. Il avait ses heures de mélancolie, si bien qu'on le surnommait le Taciturne. Une des dames d'honneur qui ne l'aimait plus avait même osé dire un jour : c Quand l'Empereur est là, il me semble qu'il pleut. »

Il paraît que la mandarine était mariée. L'Empereur jouait sa vie en se risquant au petit hôtel mauresque, mais ce n'était pas le mari de la dame qui veillait en sentinelle pour frapper l'amoureux. C'étaient les ennemis de l'Empereur. Un souverain, quel qu'il soit, rencontre toujours au coin d'une rue des coquins qui

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veulent l'assassiner, sous prétexte qu'il ne faut pas de souverain; en France on appelle ces gens-là des anarchistes, en Chine on les appelle des fanatiques.

Or, une nuit, ces fanatiques armés jusqu'aux dents montèrent la garde à la porte cachée pour frapper leur maître; mais comme cette nuit-là l'empereur de la Chine avait dit à son aide de camp qu'il l'appellerait par un coup de revolver tiré en ouvrant la porte, les assassins s'envolèrent comme une nuée d'oiseaux nocturnes.

Ils ne se découragèrent pas ; au bout de quelques jours, ils firent encore le siège tout en se tenant à distance, mais les femmes ont la double vue et la belle marquise fit passer son amoureux par la grand'porte.

Tout ceci fit quelque bruit. Il n'y a point de mystères profonds à la Cour, un savetier et un financier peuvent cacher leur amour, un empereur de la Chine fait la lumière autour de lui, même s'il marche dans l'ombre. L'Impératrice vint un jour, tout éplorée,dire àTEmpereur qu'elle allait se jeter au couvent, tout humiliée qu'elle était de se voir abandonnée « pour la première venue ». L'Empereur se contenta de lui dire : « Jetezvous dans mes bras. » Mais c'était à la condition qu'elle n'y restât point, car la marquise attendait. Il fallait biea que la lune rousse vînt après la lune de miel.

Pendant bien des jours, l'Impératrice pleura, elle se demandait pourquoi l'Empereur aimait une autre femme. Que lui manquait-il donc à elle ? n'avait-elle pas sous ses blonds cheveux le duvet de la pêche, sur ses épaules de marbre rosé les savoureux parfums qui enivrent?

L'impératrice de la Chine jura qu'elle aurait sa revanche.

Elle dit à son mari que ses chagrins Tavaient abattue

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à ce point qu'il lui fallait Tair de la mer pour qu'elle relevât son front. E!lle parla de partir pour son palais des rivages brûlés : «Mon seigneur et maître, vous ne pourrez pas moins faire que de m'y accompagner ; rassurez-vous, je ne vous retiendrai pas; vous aurez ainsi sauvé ma dignité. » L'empereur de la Chine accompagna sa femme au palais des rivages brûlés, bien décidé à revenir sans mettre pied à terre ; il était d'ailleurs attendu par la marquise. Mais nul n'est maître de sa destinée ou plutôt ceux qui portent la destinée des nations. Ainsi comme l'Empereur, à la porte du palais, serrait la main de l'Impératrice pour lui dire adieu, elle lui dit avec des larmes dans les yeux et des larmes dans la voix: «Ne souperezvous pas avec moi ?» Il soupa.

Il se promettait de s'en revenir aussitôt le souper, mais qu'est-ce qu'une nuit de plus ou de moins, puisqu'il ne pouvait pas arriver à tems pour endormir celle qui attendait?

L'Impératrice se coucha toute seule. L'Empereur avait tenté de la bercer, mais elle le conduisit doucement à la porte, le mit dehors et tira le verrou.

Le mari jura ses grands dieux qu'il ne tenterait plus la conquête de sa femme. Mais le lendemain il ne voulut point partir sans lui baiser la main. Il n'était que six heures du matin; le soleil déjà radieux semait sur les flots ses corbeilles de diamans et répandait la joie dans le palais.

Le mari frappa les troiscoups légendaires. « Entrez!» dit une voix naguère bien-aimée. Il croyait trouver sa femme au lit, il la vit debout devant sa psyché. Ce fut un éblouissement.

L'Impératrice était nue à cela près qu'elle avait sous

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forme de chemise un péplum de batiste, brume légère qui passe sur le soleil et qui permet de fixer le soleil : il paraît que c'était adorable. J'oubliais qu'elle avait aux pieds des sandales et sur la tête un chapeau à la Marie-Antoinette. Telle on voit la reine de France coiffée par M"*' Vigée-Lebrun.

Mais ce qui était plus beau encore, c'est que grâce à la psyché, par le jeu inconscient des coquetteries féminines, l'Empereur vit tout à la fois sa femme de face et de dos, comme s'il eût vu deux femmes dans une. Et quelle femme que ces deux femmes !

La dame avait l'attitude la plus adorablement chaste, levant les bras pour poser le chapeau et pour dérouler les cheveux retombans. Quelle grâce aérienne dans ses mouvemens ! A chaque instant elle cachait un sein par la chemise, mais un sein n'était pas plutôt caché qu'un autre émergeait soudainement. Et les mouvemens de la jambe bien cambrée I Et la grâce caressante de tout ce beau corps frémissant de jeunesse. Le mari qui n'avait jamais été à pareille fête, était un peu comme cet homme qui fut obligé de mener sa femme au bal pour s'apercevoir des radieuses beautés de ses bras et de son sein. Il y a d'ailleurs beaucoup de maris qui regardent sans voir ou qui ne regardent pas du tout.

Le personnage fut ravi.

Jusque-là il n'avait pas vu sa femme, non pas qu'il ne l'eût pas admirée par fragmens, mais au fond il n'avait pas le sentiment de l'art dans le beau, ni du beau dans l'amour, ni de l'amour chaste dans la volupté.

Il n'en revenait pas d'avoir souvent passé devant un tel spectacle sans l'avoir encore vu.

Tout à coup il saisit sa femme dans se 3 bras et lui

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dit avec des battemens de cœur : « C'est toi quej*aime!» Il ne revit jamais la mandarine, laquelle porte encore le deuil de sa passion.

Ainsi le Fis du Ciel redora la lune de miel.

Blonde comme le blé de mars

Mais souvent homme varie, bien femme est qui s'y fie. L'Empereur se reprit bientôt à une troisième blonde qui jouait de Téventail au bois sacré du Céleste Empire. Celle-ci s'appelait Mar Go — la Marguerite des Marguerites — ou encore Belle-en-Geai, parce qu'elle se parait des plumes du paon. Elle avait commencé sa vie au soleil, la radieuse, par être marchande de plaisirs avec un S. Je crois bien lui en avoir acheté pour deux sous. Elle prit l'Empereur à peu près comme Jeanne Vaubernier prit Louis XV — je devrais dire à l'inverse — après quoi ils se pâmèrent tous les deux dans un roman sentimental, un roman par lettres, une églogue brouillée de Werther et de Julie d'Estanges.

Élevée tout bétenient sur le sein de la nature — comme dirait Jean-Jacques — Mar Go n'en fut pas moins bien élevée. Le voisinage des bêtes est très sain pour le cœur. L'esprit des bêtes ne rend pas mauvais comme l'esprit des gens. Pascal dirait : « Les bêtes ont des raisons que notre raison ne connaît pas. »

Pour tout dire, en un mot, ce qu'il y a de meilleur dans la femme, c'est la bête. Aussi, Mar Go eut à peine franchi le Rubicon de la Cour qu'elle se trouva meta-

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morphoséc en femme de Cour. L'Empereur la rencontrnit au Bois, on croyait qu'il saluait une duchesse ; quand elle jouait avec lui, aux Eaux, la comédie de Tamour, on pouvait se demander si c'était elle ou lui qui avait été élevé par une reine.

Quand elle fut impérialisée, Mar Go demeura dans un petit hôtel, au n*27.de la rue du Peintrc-des-Batailles, meublé avec le luxe du tems : plus de bric-àbrac que de style — style cuisse de nymphe. — L'Empereur y allait souvent, sous prétexte d'aller au Bois. Mais son phaéton l'attendait aux Champs Ëlysées. Il se sentait heureux de marcher tout seul, convaincu que nul ne le reconnaissait, ce qui était une pure illusion. D'ailleurs, il se croyait seul, mais il n'était pas seul. Boist-elle, qui en savait plus que lui, veillait sur lui. Dès qu'il descendait de voiture, quatre agens, mieux habillés que leur Empereur, le suivaient à respectueuse distance. Il aurait bien voulu perdre son ombre, comme le personnage du conteur allemand ; mais les souverains sont condamnés à traîner après eux le spectre de leur majesté.

Quelle autre curieuse légende que cette églogue aux Eaux ! Un jour, l'Empereur voulut voir Belle-en-Geai dans sa tenue de paysanne, avec ses cheveux à la diable et ses jolis pieds perdus dans de robustes sabots. Elle se déguisa donc ainsi. Elle ne se contenta pas de se métamorphoser à la surface; elle reprit la naïveté et la malice de la gardeuse d*oies et de la faneuse de foin. L'Empereur convia quelques intimes à ce spectacle, f Messeigneurs, dit-elle, il y a toujours des rois qui poursuivent des bergères. »

Et là-dessus, la voilà partie :

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Ma commère^ quand je danse.

Mon cotillon va^t^il bien?

Elle chanta, elle sauta, elle fit toutes les gentillesses rustiques, si bien qu^elle enleva tous les cœurs et faillit se faire enlever par tout le monde. « Messieurs, dit l'Empereur, le bonheur est là. — Oui, répondit Mar Go, à la condition de ne pas être aimée par Gros- Jean. >

Et tout à coup, après une absence d'une minute, on vit reparaître la jolie fille non moins jolie dans le rôle d'une femme qui dictait la mode. Elle servit le thé avec une grâce toute parisienne, comme si elle eût appris cela d'une douairière de la rue Saint-Dominique.

On a dit que Mar Go n'avait pas de littérature : voilà une bêtise. Il n'y a que les littérateurs qui n'ont pas de littérature ; les femmes galantes, même quand elles ne savent pas l'orthographe, font leurs humanités à l'école de leurs adorateurs. C'est un de mes amis, Yo Li qui enseigna l'histoire à Belle-en-Geai. Elle avait toute une bibliothèque historique dans son château, au voisinage du palais d*été. Je ne dirai pas qu'elle a tra* vaille à VHistoirede César; mais elle pouvait rendre des points à l'Empereur sur l'histoire de France, car l'empereur de la Chine ne connaissait bien l'histoire de France que depuis les Napoléon. Aussi fut-il très souvent surpris d'entendre sa maîtresse lui parler de Lbuis le Mutin et de Louis le Bien-ainté. La vérité, c'est que Yo Li était un maître en ces matières. Ce fut lui, d'ailleurs, qui paya la bibliothèque historique — à peu près cent mille francs — pour avoir le plaisir d'enseigner une si gentille écolière.

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Cétait Abélard avant la lettre et Héloîse après la lettre *

On s'imaginait que Mar Go avait encore des millions de TEmpereur. Qui donc donne des millions et qui donc les conserve > Ce sont des bruits que les pauvres font courir.

Voilà pourquoi la Belle-cn-Geai est aujourd'hui marchande de dentelles. Elle finira peut-être par donner des leçons d'histoire.

Quand je revis en Chine la Marguerite des Marguerites, c'était, selon Balzac, la vraie femme de trente ans — et les mois de nourrice — dans l'épanouissement de la rose-thé déjà cueillie, mais répandant encore un pénétrant parfum de jeunesse. On pouvait aussi la comparer à une pêche mûre qui va tomber de l'espalier, vraie chair de pêche et vraie senteur de péché. Je ne dirai pas qu'elle ressemblait à l'Impératrice qui aurait voulu ressembler à Marie-Antoinette; mais elle donnait le souvenir des femmes du Trianon, la reine et son escadron volant.

Elle avait le sourire perpétuel des femmes qui ont vécu sans le savoir.

En effet, les brises printanières l'avaient soulevée peu à peu jusqu'à l'Empereur. Voilà le plaisir. Mesdames !

Elle en avait rudement mangé! Ici, là et plus loin. Et quelles dents encore, pour mordre à toutes les grappes de la Vie! Ce soir-là elle était adorablement attifée. Sur

* Qui ne se souvient de Joly de Ferney, disparu en pleine jeunesse dans le flot bruyant de la jeunesse dorée } C'était un dilettante littéraire du plus haut goût. Il me faisait la grâce de corriger mes épreuves, me disant : « Ce n'est pas pour toi, c'est par amour de l'art. » Ce qui me flattait beaucoup.

jço Les Confessions

sa robe de crêpe cuisse de nymphe émue, s^enroulaient en écharpe des roses et des violettes. Les révolutions n'avaient pas jeté le désordre dans son corsage plus provocant que jamais, encadré par ses bras magnifiques et ses épaules tombantes. Point de bijoux : une simple Marguerite dans les cheveux. A quoi bon un diadème sur ses cheveux d*or où pas un fil d'argent n'osait se montrer?

Mar Go ne se fait pas prier pour rouvrir quelques chapitres de son roman déjà oublié. « Ah! le bon billet qu'a La Châtre! me dit-elle un soir. L'Empereur s'imagine que je n'ai plus de lettres de lui. Mais ni Yo Car, ni tout autre ne lui ont porté la dernière, ni l'avanl-dernière. C'était un joli épistolier! Il y avait chez lui en ce temslà du Lamartine et du George Sand. Connaissez-vous la correspondance de Lucien Bonaparte et de M"**Récamier? Nous avons joué ce jeu-là. »

La dame me conta ceci : Le jour où l'Empereur ne venait pas, il écrivait et la nouvelle lettre n'était remise qu'en échange de la dernière ; seulement comme son ambassadeur prenait çà et là le café chez Mar Go, elle lui représentait que la dernière lettre était trop éloquente pour devenir la proie des flammes. Et elle la glissait dans son sein : citadelle imprenable ! Voilà pourquoi on publiera peut-être un jour la correspondance des deux amans.

C'est ici que finissait l'histoire des trois passions de l'empereur du Céleste Empire.

Les trois rayonnantes igt

Une histoire de cotillons

Est-ce que Thistoire suivante n*est pas encore une histoire chinoise }

Les jours où la princesse Trois- Étoiles s'appelait c la Volonté », c'était le chêne au milieu des roseaux. Elle eut un matin Tétrange idée d'aller voir la maîtresse de son mari, M"' Cotil'on rouge.

Cotillon, en joli déshabillé du matin, vint au-devant de la visiteuse, croyant reconnaître la voix d'une amie. Elle reconnut — la princesse! c Ah! Madame, quel plaisir vous me faites ! »

Elle dit ces mots si gentiment, que la princesse fut quelque peu désarmée. « Oui, Mademoiselle, c'est moi. Je ne me cache jamais, parce que je ne fais rien de mal.

— C'est tout comme moi, Madame. Donnez-vous donc la peine de vous asseoir. »

On était arrivé dans le salon, c Comme c'est beau ici I J'étais curieuse, Mademoiselle, de vous voir chez vous, de vous voir de près, car vous et vos amies vous devenez le quatrième corps de l'État. — Que voulez-vous. Madame, il faut bien qu'il y ait des belles de nuit, puisqu'il y a des belles de jour ! — Oui, belles de jour, mais n'est-ce pas vous à qui elles pourraient dire : Retirezvous de mon soleil > Expliquez-moi donc ce que vous dites et ce que vous faites pour emprisonner les hommes }

— Vous savez mieux que moi l'histoire de l'antiquité et l'histoire moderne, depuis Phryné jusqu'à la Dame aux camélias. C'est peut-être parce que nous portons notre chapeau de travers. ~ Vous en aviez un^ hier, au Bois,

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qui était fort joli. — Oh! Princesse, vous êtes toujours mieux coiffée que moi, car vous portez vos chapeaux avec une distinction suprême. Du reste, Madame, vous êtes la mieux habillée de Chine et de Cochinchine. Il n*y en a pas une de nous qui puisse rivaliser avec votre style de souveraine. »

La princesse s*oubliait jusqu'à se croire avec une amie : < Qui est-ce qui vous a fait cette robe, d'une coupe si altière et si gracieuse > On dirait que les fées y ont travaillé. — Je vais vous en montrer une que Worth vient de m'apporter. — Oh oui! Allez donc la chercher. »

Pendant que Cotillon passait dans sa chambre à robes, la princesse lut un billet de Cotillon au prince: € On m'a dit que cette fille ne savait pas l'orthographe, pensa-t-elle. Elle sait mieux l'histoire que moi. »

La favorite reparut avec sa robe inédite. « Un pur chef-d'œuvre! s'écria la princesse. — N'est-ce pas, Princesse? Worth fecit. — Vous êtes merveilleuse 1... Vous savez le latin comme le français... Je n'ai jamais vu un pouf aussi bien chiffonné. — Par malheur, nous autres, dit Cotillon avec un soupir, nous portons toujours des robes montantes, parce que nous n'allons jamais dans le monde. — Oh! vous n'avez pas besoin d'aller dans le monde pour vous décolleter. — C'est vrai. La robe très montante que vous portiez dimanche aux Courses m*a tapé dans l'œil. J'ai été jalouse. — Jalouse de moi ? Je ne suis pas jalouse de vous! — Oh 1 nous parlons robes et chiffons. — Pardieu I dit le prince qui entrait, j'étais bien sûf que vous finiriez par là. »

Ainsi finissent toutes les batailles de dames*

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