‹ Les conflits de la science et de la religionChapitre 5 sur 47 · PRÉFACE VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE VII

ne se souvient pas que les empereurs ni les philosophes de Rome aient rien fait pour guider l'opinion de leurs contemporains. Ils ont abandonné les affaires religieuses au hasard des événements, et ces affaires sont tombées dans les mains d'eunuques, d'esclaves, et de prêtres ignorants ou furieux.

Les ténèbres intellectuelles qui se sont répandues alors sur l'Europe, commencent aujourd'hui à se dissiper. L'aurore d'un jour meilleur luit maintenant sur nous. La société invoque la lumière pour voir enfin la route qu'elle suit. Elle s'aperçoit clairement qu'elle vient de quitter la trace qu'elle suivait sur l'Océan, et qu'elle est partie sur une mer inconnue pour un autre voyage, à la conquête de la civilisation.

Quoique nul plus que moi, ne soit profondément pénétré de ces pensées, je n'aurais pas osé écrire ce livre s'il n'était le fruit de longues méditations. Je m'y suis vu encouragé par l'accueil fait à mon Histoire du Développement Intellectuel de VEurope. Outre un grand nombre d'éditions faites en Amérique et en Angleterre, elle a été traduite en français, en allemand, en russe, en polonais, en serbe, etc., et a été reçue partout avec faveur.

En arrangeant les matériaux des volumes que j'ai publiés sous le titre âHEistoire de la. Guerre civile d Amérique, j'ai appris à comparer les termes opposés, à réconcilier les extrêmes. L'approbation que le peuple américain, témoin des événements, a donné à ce laborieux ouvrage, augmente encore ma confiance. J'ai aussi cultivé les sciences naturelles et publié, sur cette matière, de nombreux mémoires. Peutêtre est-ce surtout dans cette étude, lorsqu'on y dévoue sa vie, qu'on acquiert le plus l'habitude et l'amour de l'impartialité. La science ne vit que du désir de connaître la vérité, de servir nos semblables, et quand nous lui avons consacré nos forces, nous goûtons, au soir de notre vie, le bonheur attaché aux utiles efforts.

Bien que j'aie donné tous mes soins à la composition de cet ouvrage, je sais combien l'exécution y est restée audessous du sujet. Il faudrait, pour le traiter d'une manière satisfaisante, posséder pleinement les sciences historiques, théologiques, politiques ; il faudrait que chaque page, dans un pareil livre, fût chargée de faits et débordante de vie*

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