CONCEPTION FAUSSE DE L'ARBITRAGE
invités à parler tout haut. Il saurait ainsi exactement ce que veulent les salariés.
Il a installé un bureau d'explications dans lequel il y a deux sortes de délégués : les délégués actifs et les délégués passifs. Les délégués actifs parlent ; les délégués passifs écoutent et surveillent les délégués actifs. L'administration des mines s'explique. Elle propose des réductions ou des augmentations de salaires.
Cette chambre d'explication a porté à la Chambre des représentants le délégué socialiste Cavrot, un brave homme, du reste. Elle n'a point empêché les grèves. Il est vrai que les mineurs de Mariemont et de Bascoup n'ont pas pris l'initiative des mouvements de 1894 et de 1899. Ils ont suivi.
Cette conception est fausse. Le salariant n'a pas plus à expliquer ses affaires au salarié que le salarié ne doit rendre compte au salariant de l'emploi qu'il fait de son salaire. Une fois remplis leurs devoirs professionnels réciproques, chacun doit être indépendant. Ni le salariant n'a le droit de se mêler des affaires du salarié^ ni le salarié n'a le droit de se mêler des affaires du salariant,