LES DÉLÉGUÉS « TABOU
Ces délégués appartiennent donc au personnel de l'établissement. Dès lors ils deviennent tabou. Ils sont inamovibles. Le chef d'établissement ne peut leur faire une observation, les frapper pour inexactitudes, indiscipline ou malfaçons. Il risquerait de tomber sous le coup de l'article 27 qui punit d'une amende de 16 francs à 100, et en cas de récidive, de six jours à un mois de prison et de 100 à 200 francs d'amende, quiconque aura mis obstacle à l'accomplissement des fonctions d'un délégué.
Parmi ces délégués, dans leurs rapports obligatoires, une fois par mois, avec le chef d'établissement ou un agent supérieur de la direction par lui désigné, il y en
a qui pourront être polis ; mais s'il y en a d'une insolence inadmissible, quelle sera à leur égard la situation du chef de l'établissement ou de cet agent supérieur? Il devra, comme le soldat sous les armes, se taire sans murmurer. Il n'aura même pas le droit de rompre les rapports avec le délégué grossier, sinon il tomberait sous le coup de l'article 27 qui, en cas de récidive, pourrait l'envoyer en prison!