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LA VALEUR DU TRAVAIL ET SA PLUS-VALUE

Karl Marx complète cette invention de Ricardo par une autre affirmation de Ricardo qui avait été émise précédemment par Turgot*. Ricardo dit :

Le prix naturel du travail est celui qui fournit aux ouvriers, en général, le moyen de subsister et de perpétuer leur espèce sans accroissement ni diminution. Le prix du travail dépend donc des subsistances et de celui des choses nécessaires ou utiles à l'entretien de l'ouvrier et de sa famille. (T. I, ch. vi.)

Mais il ajoutait que ce prix varie non seulement à diverses époques, entre les divers pays, mais également dans un même pays.

1. J'ai donné les citations dans la tyrannie socialiste^ p. 48.

L'ouvrier anglais, disait-il, regarderait son salaire comme très au-dessous du taux naturel et insuffisant pour maintenir sa famille, s'il ne lui permettait d'acheter d'autre nourriture que des pommes de terre et de n'avoir pour demeure qu'une misérable hutte de terre.

Lassalle, lui, a déclaré, avec cette superbe assurance qui est commune k tous les grands docteurs du socialisme, que « la moyenne du salaire est fixée d'après les besoins indispensables à la vie », et il a donné à cette formule le titre « de loi d'airain des salaires ».

Selon les besoins de leur politique, de leurs démonstrations et les.auditeurs auxquels ils s'adressent, Karl Marx et ses disciples tantôt l'ont adoptée dans son sens absolu, tantôt Font atténuée.

Mais pour eux la journée de travail est l'unité de valeur*.

La valeur de la journée de travail est déterminée par le temps de travail nécessaire à sa production. Si donc la production des moyens de subsistance journalière, tels qu'il les faut pour le travailleur^ coûte six heures, il doit travailler en moyenne six heures. (T. I, ch. x, p. 98.)

Pendant ces six heures, l'ouvrier travaille pour lui ; mais s'il travaille douze heures, il donne six heures de travail extra ou de surtravail ou de travail non payé qui font le gain du capitaliste, ce que Karl Marx appelle la plus-value.

Karl Marx explique de la manière suivante comment est constituée la durée de travail nécessaire, celle qui appartient à l'ouvrier et qui n'est pas volée par le capitaliste.

Posons que la valeur journalière d'une force de travail moyenne soit de 3 shellings ou 1 écu, et qu'il faut six heures

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par jour pour la reproduire! Pour acheter une telle force, le capitaliste doit avancer un écu. (T. ï, ch. xi, p. 131.)

Mais d'après Thypothèse de Karl Marx, il ne resterait rien au capitaliste. Il lui faut une plus-value. Quelle sera cette plus-value? Rien de plus simple. « Cela dépend du taux de la plus-value, » S'il est de 50 p. 100 la plus-value sera un demi-écu, représentant trois heures de travail; s'il est de 100 p. 100 elle montera à uu écu représentant six heures de sur travail. [Ibid.)

En un mot, tout se réduit à cette proportion :

Temp.^ de travail extra.

Temps de travail nécessaire.

Cette proportion détermine le taux de la plus-value : La somme du travail nécessaire et du surtravail forme la grandeur absolue du temps de travail, c'est-à-dire la journée de travail.

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