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RÉSISTANCE DES INDUSTRIELS AU BÉNÉFICE MARXISTE

D'après la théorie de Karl Marx, un industriel, pour sassurer des bénéfices, n'aurait qu'à prendre un nombre indéfini d'ouvriers ; et cette opération lui serait facile, puisque, d'après le calcul précédent, la part du capital réservé aux salaires ne serait que de 2 1/2 relativement au capital totah

Dans l'hypothèse suivante, Karl Marx leur montre tout le bénéfice qu'ils auraient à multiplier le nombre de leurs ouvriers.

Supposons que, dans un pays d'Europe, le taux de la plus-

value soit de 100 p. 100, ce qui revient à dire que les ouvriers y travaillent la moitié de la journée pour eux et Tautre pour les patrons, et admettons que dans un pays d'Asie le taux de la plus-value soit de 25 p. 100, les ouvriers y travaillant les 4/5 de la journée pour eux et 1/5 pour leurs patrons. Supposons en outre que dans le pays européen le capital national ait la composition 84 capital -|- 16 variable (salaires), alors que dans le pays asiatique où l'on emploie peu de machines, et oii, dans un temps donné, une quantité déterminée de force de travail consomme relativement peu de matières premières, la composition soit 16 capital-f- 84 salaires. Dans ces conditions, on aura :

1*» Dans le pays européen : valeur du produit, 84 salaires -f- 16 capital + 16 plus-value = 4 16.

Taux du produit tttt; = 16 p. 100.

lUU

2^ Dans le pays asiatique : valeur du produit, 16 capital + 84 salaires -f 21 plus-value =121. Taux du profit :

â = 2ip.ioo.

Le taux du profit est donc de plus de 25 p. 100 plus grand en Asie qu'en Europe, bien que le taux de la plus-value soit quatre fois plus petit (T. III, ch. viii).

Qu'a voulu prouver Karl Marx par cet exemple hypothétique? Il a voulu^rouver que le taux du profit était d'autant plus élevé que la part de la main-d'œuvre était plus considérable dans la production, en admettant même que proportionnellement la moins- value lût plus faible.

Mais alors les industriels européens sont bien absurdes de perfectionner ieur outillage et de remplacer le travail humain qui, seul, leur donne la plusvalue, par du travail mécanique qui ne leur donne rien.

Ils sont bien absurdes de se confiner dans les pays

européens au lieu d'aller dans Tlnde et en Chine où ils trouveraient du travail en abondance âur lequel ils pourraient prélever une plus-value d'autant plus forte qu'ils feraient entrer moins de capital constant dans leur production.

LA DESTRUCTION DE LA PLUS-VALUE PAR l'oUTILLAGE

Karl Marx a trouvé la réponse suivante, sans se demander si elle n'était pas en contradiction avec l'exemple de l'Inde que je viens de citer.

Pour augmenter le surtravail, le capitaliste a trois moyens : réduire le salaire, c'est-à-dire la durée de temps de travail nécessaire ; mais cette réduction est limitée par les moyens de subsistance; augmenter la dilrée du travail; mais le capitaliste y trouve des obstacles physiologiques, moraux et légaux. Alors il ne lui reste qu'un moyen : perfectionner les moyens de production.

Le capitaliste qui emploie le mode le plus perfectionné s'approprie sous forme de surtravail une plus grande partie de la journée de Touvrier que ses concurrents.

Le capital a donc une tendance constante à augmenter la forme productive du travail pour baisser le prix des marchandises et par suite celui du travailleur (T. 1, ch. xii, p. 138).

Karl Marx explique ainsi la passion du capitaliste pour la machine. Mais cette explication est insuffisante, non seulement parce qu'elle est en opposition avec l'exemple de l'Inde, mais encore pour le motif suivant.

Si la machine augmente le travail de Tindividu, elle diminue le nombre des individus pour une producti<)n égale : donc elle détruit le surtravail humain qui est la source unique de la plus-value qui, seule, repaît le capital. Donc le capitaliste, en remplaçant la maind'œuvre par la machine, se condamne à la famine. Donc il se voue au suicide : et tout progrès dans la production industrielle est ia destruction même de la plusvalue.

Un capitaliste a une machine de JO chevaux-vapeur conduite par deux mécaniciens payés chacun 6 francs par jour. Voici le résultat :

6 heures de surtravail plus-value de 3 francs.

6 heures de travail nécessaire capital variable 3 francs.

Si on multiplie par 2 on trouve que le capitaliste vampire a obtenu pour 6 francs de surtravail!

Si, au contraire, il avait employé 210 hommes qjie représentent les 10 chevaux-vapeur, même eu réduisant la plus-value de 3 francs à 1 franc, à fr. 50, à fr. 25, il aurait eu respectivement 210 francs, 105 francs, 25 francs aii lieu de 6 francs que lui laissent les deux mécaniciens !

Où est le capitaliste disposé à remplacer ses 10 chevaux-vapeur et ses 6 francs de plus-value par 210 ouvriers sur le travail desquels il pourrait prélever une plus-value de plusieurs centaines de francs?

Donc, si la théorie de Karl Marx était ekacte, tout perfectionnement de l'outillage, en diminuant la quotepart du travail humain, serait destructeur de la plusvalue et serait une cause de ruine pour le capitaliste.

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