DISCIPLINE POLITIQUE ET RELIGIEUSE
Dans le Centre et dans le Midi, les présidents des conseils d'administration, les directeurs de certaines Compagnies ont voulu subordonner leur exploitation iadustrielle àleurs conceptions politiques et religieuses.
Le baron Reille disait à qui voulait Tentendre : — Pour moi, toute la question, ce sont les écoles de filles. Par les filles, on tient les mères, et par les femmes, les maris.
Cette conception a abouti à quelques déceptions. Lors de la grève de Carmaux, les ouvriers ont déclaré que, pendant les années 1897 à 1899, sur 175 enfants introduits dans les mines, 162 sortaient des écoles des frères.
Étant données les opinions de M. le marquis de Solages, nous pouvons comprendre qu'il tînt à recruter son personnel parmi les enfants fréquentant les établissements congréganistes. Mais parmi les réclamations que les ouvriers ont fait valoir, il en est une que je considère comme particulièrement grave et qui consiste à déclarer que Favancement n'était assuré d'une manière régulière qu'aux bien-pensants, lesquels jouissaient d'un favoritisme exceptionnel.
Admettons que ces récriminations des salariés ne soient pas exactes. Mais ils les produisent et ils ont
cette conviction que Tavancement et le choix du personnel dépend de tout autre cause que des qualités professionnelles.
Nous avons entendu les mêmes réclamations au moment de la grève du Creuzot en 1900.
Dans le dossier de revendication des ouvriers, il y a un chapitre qui porte pour titre : « La liberté de pensée ».
Le paternalisme clérical de la Compagnie de Blanzy est resté célèbre. Au moment de la grève de 1901, uù ingénieur dit à M. Emile Berr* :
Vous n'ignorez pas que les institutions et œuvres patronales delà Compagnie de Blanzy composent, depuis soixantedix années, une des lourdes charges de son budget* De cela non plus elle ne semble pas ayoir été très largement récompensée !
La Compagnie donne, bon an mal an, à ses ouvriers ou dépense poiw leur bien un million huit cent mille francs dont elle ne leur doit pas un centime. Est-ce qu'au moins ils lui savent gré de ces sacrifices? Nullement. Ils n'y voient, ou leurs conseillers les incitent à n'y voir, qu'un moyen pour elle de les tenir eu tutelle et d'acheter plus sûrement leur servitude.