LE MARCHANDAGE
Palais-Bourbon par rintermédiaire d'un sous-entrepreneur,'quelqaes-uns des ouvriers demandèrent un supplément de salaire non au sous-entrepreneur, mais à Fentrepreneur général. Celui-ci répondit que le soustraitant seul était responsable de ses engagements. L'aflfaire fut portée devant le conseil des prud'homales et, par défaut, celui-ci, invoquant le décret du 2 mars 1848, déclara nul le contrat du sous-traitant. Sur appel, le conseil des prud'hommes, quelques semaines après, dans une décision fortement motivée, commençant par ce paragraphe : « Attendu que le marchandeur ou sous-entrepreneur organise et dirige ses chantiers, prépare et suit sur le terrain même la marche et l'exécution de l'entreprise et donne ainsi une coopération directe et personnelle au travail matériel », annula la décision déjà rendue.
Cette décision était un trop bon prétexte à une agitation socialiste pour qu'elle ne se produisît pas. Les blanquistes, alliés aux boulangistes, voulurent placer, dans une situation difficile, M. Floquet qui était alors président du Conseil et ministre de rinlérieur.
Ils organisèrent pour le 24 février 1889, à Paris et dans les départements, une grande manifestation afin de soumettre au ministre de l'Intérieur et aux préfets des revendications contenues dans un manifeste daté du 10 février. Au premier rang se trouvait l'abolition du marchandage.
Mais l^ ministère Tirard avait succédé au ministère Floquet. M. Constans prévint, par une courte lettre, que les délégations n'avaient pas besoin de se déranger, car il ne les recevrait pas. Les préfets et le ministre n'eurent point à s'expliquer. Le 11 mars, au Sénat, M. Trarieux demanda à M. Constans s'il adoptait l'opinion de M. Floquet qui avait affirmé que le décret du
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2 mars 1848 sur le marchandage était ^ toujours en vigueur. M. Constans répondit que Topinion du ministère de l'Intérieur ne pouvait faire jurisprudence et lier les tribunaux.