‹ Les conflits du travail et leur solutionChapitre 207 sur 262 · ÉTAT DE GUERRE · texte numérisé non relu

ÉTAT DE GUERRE

On le constate, les jours de vote. La distinction suivante est entrée dans le langage courant : Les paysans votent pour leur patron, les ouvrier? votent contre.

En tenant compte de l'exagération qu'impliquent toujours de pareilles généralisations, les faits montrent presque partout la vérité de cette formule, de sorte que la prétention des « patrons d'être maîtres chez eux » aboutit à ce résultat : — Embaucher et conserver des ouvriers qui, manifestement, par leurs votes et leu^s autres manifestations, se déclarent en état [d'hostilité contre leurs salariants.

Actuellement, d'après les revendications qu'on entend formuler dans les manifestes socialistes, qu'on voit se produire dans les grèves, et d'après les récriminations timides des salariants, le contrat de travail n'apparaît pas comme un contrat d'échange.

C'est un traité de paix conclu à la suite d'une guerre et que les deux parties observent tant qu'elles ne peuvent pas le violer. Elles considèrent l'une et l'autre qu'il leur est imposé. Il y a un vainqueur et un vaincu. La statistique des grèves enregistre sous cette rubrique : « succès », « demi-succès », leur résultat, et elle appelle succès « la victoire » des grévistes qui implique, par cela même, la défaite du patron. Elle appelle « échec », la victoire du patron.

Ce vocabulaire indique nettement qu'il y a en présence deux partis hostiles. Il faut supprimer ce caractère belliqueux des relations des salariants et salariés et y substituer le caractère économique du contrat d'échange.

Deux commerçants qui traitent ensemble ne sont pas en état de guerre. Il faut faire du salariant et du salarié deux commerçants indépendants l'un de l'autre sauf sur un point : l'exécution du contrat^ librement consenti.

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