‹ Les conflits du travail et leur solutionChapitre 210 sur 262 · LA SECONDE OBJECTION · texte numérisé non relu

LA SECONDE OBJECTION

Que vaut la seconde objection : — Les exigences des ouvriers seront trop grandes ?

Que veut dire cette expression : « trop grandes » ?

Nous répondons que V Organisation commerciale du travail aura pour but de délimiter les exigences des ouvriers.

Actuellement, les ouvriers sont convaincus que le patron les exploite; s'ils répètent moins qu'autrefois la vieille formule socialiste : « Texploilation de rhonniif par l'homme », ils y ont substitué la thèse du surlravail de Karl Marx. Elle ne vaut pas mieuTc.

Actuellement, les exigences des salariés sont atissi indéfinies qi^^e leurs conceptions sont vagues. Ils croiouL que si « le patron » ne leur donne pas des salaires plus élevés, c'est parce qu'il y met de la mauvaise volonté. Ils s'imaginent que, si « le patron » est riche, il pourrait augmenter indéfiniment les salaires.

Or, le jour où les salariés seraient des vendeurs Ue travail, le salaire prendrait la forme marchande, ils se rendraient compte pratiquement de son caractère, <*L ils sauraient subordonner leurs exigences à la loi de l'ofFre et de la demande.

Quant à l'industriel, il doit savoir qu'une partie do ses profits vient de l'art avec lequel il sait faire des sacrifices.

Autrefois, le cultivateur avait pour idéal que « sa terre se suffît à elle-même ». C'est l'idéal protectionniste. Il considérait comme une perte tout ce qu'il était obligé d'acheter. Il a fini par comprendre peu à peu II* principe de la division du travail, et alors il cultive les produits qu'il peut cultiver avec le plus de profit et il les échange contre ceux dont il a besoin.

De même, dans l'industrie, beaucoup d'usines qui voulaient tout faire par elles-mêmes ont compris qu'elles avaient intérêt, au contraire, à acheter à d'autres.

Elles ont trouvé intérêt à se dégager de la responsMbilité de telle fabrication, de tel service en abandon-

nant une partie du bénéfice qu'elles auraient pu en retirer à un fournisseur qui en assume la responsabilité.

V idéal pour un chef d'industrie est de faire une série d'entreprises à forfait dont il na point à s'occuper et qui . lui permettent d'établir à coup sûr son prix de revient.

S'il peut augmenter indéfiniment son débouché, il peut réduire presque indéfiniment son bénéfice sur chctcun de ses produits. Il sera toujours en gain.

Rappelons, enfin; cette formule de Quesnay qu'on commence à comprendre seulement de nos jours : son intérêt est d'acheter cher pour avoir la liberté du choix \ son intérêt est de vendre bon marché, pour écouler rapidement ses produits et renouveler son capital.

Cela est vrai ppur l'achat direct du produit du travail comme pour l'achat de tout autre produit. Quand le prix du travail est fixé par des considérations éconoaiiques, rindustriel n'a point à craindre « les exigences des ouvriers », parce qu'elles sont déterminées de sang-froid. ^ Ce qu'il a à craindre, ce sont des exigences provoquées par des syndicats dont l'objet est vague, les mobiles confus et les actes passionnés.

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