CHAPITRE XIV OBJECTIONS DE DÉTAIL
Leur faible valeur.
J'ai reçu plusieurs observations d'industriels; j'emprunte le passage suivant à la lettre d'un filaleur de l'Est :
Chaque fois que, dana une usine, il y a une place à pourvoir, et ce cas se présente journellement, c'est au traiLemenl individuel qu'il faut avoir recours.
J'ai besoin d'un garde de nuit, d'un chauffeur, d'un conducteur de machine à vapeur, d'un charpentier, d'un menuisier peu habile, pour me faire des caisses d'emballage, ou d'un autre, rompu à son métier, pour me faire (l«s modèlips; d'un forgeron, d'un tourneur, d'un ajusteur, d'un aiguiseur, d'un fileur, d'un manœuvre, d'un tisserand, d'un encableur ou d'un graisseur de transmissions, tous emplois demandant des fconnaissances spéciales et variées; est-ce une collectivité qui pourra, sur l'heure, me fournir rouvricr qui me manque? Ou, au contraire, est-ce à moi, entrepreneur responsable, à choisir le sujet qui me semble remplir le mieux les conditions nécessaires à l'emploi? En droit comme en possibilité, la réponse à faire ne me paraît pas douteuse.
La réponse est simple. L'auteur de cette lettre est un
filateur. Or, il ne parle pas du tout des ouvriers qui forment masse. Il ne parle que d'ouvriers ayant des spécialités accessoires.
11 parle d' « un garde de nuit ». Un garde de nuit est un homme de police. Il est évident que le choix appartient à l'industriel. Mais il pourrait y avoir des sociétés qui offriraient des garanties pour le recrutement de ce personnel. Dan^les plus grandes usines, les gardes de nuit ne sont représentés que par quelques unités.
« Un chauffeur ». Il y a peut-être deux ou trois chauffeurs dans l'usine en question. Il est évident qu'ils constituent des individualités. Mais peut-être Tindustriel ne devrait- il point dédaigner l'existence de quelques sociétés commerciales de chauffeurs dont les membres offriraient des garanties de capacité que l'industriel ne trouve pas toujours facilement et qu'il n'est pas toujours à même d'apprécier.
« Un menuisier peu habile pour me faire des caisses. » Encore un service accessoire dans la manufacture en question; mais, si ce service compte une dizaine d'ouvriers, l'industriel aurait peut-être intérêt à traiter à forfait avec eux.
Les autres ouvriers qu'il cite ne sont que des spécialistes employés à l'état d'unités dans son usine.
Mais il ajoute : « Est-ce une collectivité qui pourra me fournir sur Theure l'ouvrier qui me manque? » Mais oui, beaucoup plus facilement qu'une individualité. Des sociétés commerciales de travail pourront tenir à la disposition des industriels des chauffeurs, des charpentiers, des menuisiers, des forgerons, des tourneurs, des aiguiseurs, des graisseurs qui pourront se disperser, comme individus, dans diverses usines.
Un télégramme ou une lettre suffira. L'industriel s'adressera à ces sociétés comme il s'adresse à un four-