LIMITATION DU TRAVAIL
D'après l'auteur des articles du Times ^'\es fabricants de chaudières elles constructeurs de navires sont soumis au despotisme des Trade Unions. Si un contremaître prend l'intérêt des salariants, il reçoit des lettres l'informant que, s'il persiste, il sera forcé de s'expliquer devant V « Union ))^à laquelle il est forcé d'appartenir. Les riveteurs pourraient gagner 1 liv. st. par jour, mais ils se contentent de 12 à 15 sh. en perdant un tiers de leur temps. Les lundis, mardis et mercredis spéciale-
ment, après chaque jour de paye, les villes de constructions navales sont remplies d'ouvriers qui flânent ou vont au cabaret, suivant en cela les instructions de leurs sociétés.
Ils combattent l'introduction de nouvelles machines. Aux États-Unis, une certaine machine peut épargner de 30 à 60 p. 100 de la main-d'œuvre dans les constructions navales. En Angleterre, les salariés réclament que le même nombre^d'hommes soit employé, de sorte que l'effet utile de la. machine sera nul.
A Manchester, un industriel achète, d'un Américain, une machine qui doit épargner 75 p. 100 du coût de production d'un certain article. Elle ne donna pas les résultats prévus. Après plusieurs réclamations, l'x^méricain dit à l'industriel : « Ce n'est pas la faute de la machine. J'ai acquis la preuve par moi-même que le contremaître avait donné l'ordre de ne lui faire produire qu'un quart de ce qu'elle peut donner. »
M. W. Collisson, gênerai secretary. of the National free Lahor Association, cite les faits suivants {The Times ^ 23 novembre) :
« Dans mon atelier, aucune machine ne devait être mise en mouvement avant l'arrivée du contremaître, un membre de l'Union, qui arrivait vingt à vingt-cinq minutes en retard. J'ai connu des cas où les contremaîtres laissaient, pendant des heures, les hommes sans travail. Les courroies de transmission étaient aussi hors d'usage quand il était impossible de trouver celui qui pouvait les réparer. »
Les chantiers de constructions navales ne peuvent prendre que des unionistes, ayant fait leur apprentissage dans les conditions agréées.
Les nouvelles règles des constructeurs de chaudières de 1901 spécifient un apprentissage de cinq ans à partir
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de seize ans ; le nombre des apprentis ne doit pas dépasèer un sur cinq ouvriers ; s'il le dépasse, le comité devra provoquer une réunion des membres d'une branche ou des branches de TUnion pour le ramener à la limite fixée.
Toutes les machines à riveter, dans les chantiers où Ton travaille aux pièces, doivent être servies par des membres de l'Union. Tout membre qui travaillerait avec un non-unioniste serait passible pour chaque contravention d'une amende de 5 sh. Il en est de même pour les autres machines.
Tout le travail des machines hydrauliques, perforeuses, etc., doit être fait par les membres de l'Union, au taux des ouvriers en fer. Si quelque membre, travaillant aux pièces, emploie un ouvrier n'appartenant pas à l'Union, il sera frappé, pour la première fois, d'une amende de 40 sh. et, pour la seconde fois, d'une amende de41iv. st. (100 fr.).
La section 4 dit que le travail aux pièces n'est pas profitable à la société ; mais quand des membres sont obligés de le faire, ils ne doivent pas prendre le travail d'un autre membre de FUnion, sous peine d'une amende de 5 liv. st. Un membre ne doit se charger du travail aux pièces qu'avec l'agrément de ses collègues. S'il ne partage pas également son salaire avec les autres ouvriers, il s^era frappé d'abord d'une amende de 5 liv. st., puis d'une amende de 10 liv. st. La troisième contravention entraînera son expulsion. Si un membre, sans l'agrément du comité de district, introduit le travail aux pièces dans un atelier où il n'était pas employé, il sera frappé d'une amende de 5 liv. st. pour la première infraction et expulsé pour la seconde.
Voici d'autres règles. Tout fondeur en fer est condamné à une amende de 2 sh. 2 d. s'il fait le travail en moins de temps ou à un prix plus bas qu'il n'était
fait précédemment. S'ilpersiste, Famende sera élevée à 1 liv. st. Si le contrôleur de l'atelier a négligé d'en avertir TUnion, il sera puni d'une amende de2 sh. 6d. pour chaque négligence.
Les Trade Unions placent tous leurs membres bons, mauvais, indifférents au même niveau. Les meilleurs travailleurs ne gagnent pas ce qu'ils devraient gagner; de là un double préjudice ; un préjudice économique pour l'ensemble de là production ; un préjudice à la fois matériel et moral pour eux.
Un membre de Trade Unions n'a pas de garanties. Il a payé pendant vingt ans ses cotisations. S'il n'obéit pas un jour aux injonctions du conseil de la Trade Union^ il peut en être expulsé.
« Les salariants, dit un correspondant, ne savent pas l'étendue et l'efficacité de la tyrannie de la politique du Ca* canny. »