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I. Semman : engraissé, rendu gras

Ce Cheikh n'est guère connu que sous ce nom, même parmi ses disciples. Il le doit à un miracle qui a fait sa grande popularité.

Manquant de vivres, disent ses fidèles, il puisait du beurre dans un puits et se nourrissait avec cette manne d'un nouveau genre.

aux branches des Derdiriya et des Rahmaniya, issus des Hafnaouiya, et à celles des Saouiya, Lessiya, Deïfiya et Mesellemiya.

La plus connue, celle des Rahmaniya, est locaUsée en Algérie et en Tunisie. Fondée par un Kabyle du Djurdjura, Si Abd er Rahman bou Qpbrein, qui avait passé en Orient la plus grande partie de sa vie, elle a pris une part importante aux insurrections des provinces de Constantine et d'Alger, en 1871 surtout.

Mais, divisée déjà en plusieurs groupes, elle a perdu dans ce dernier mouvement, ses chefs les plus en vue, et on peut aujourd'hui considérer les nombreuses zaouiya créées par Si Abd er Rahman, comme représentant autant de fractions distinctes.

Sans avoir subi les mêmes vicissitudes, les autres congrégations provenant des Bekriya ne sont pas restées plus unies. En Egypte, l'autonomie de beaucoup de leurs zaouiya qui échappent à l'action du Cheikh el Troûq, est complète. Au Soudan, où du vivant même de Sidi Mostefa el Bekri ses disciples avaient fait de nombreux prosélytes, elle l'a toujours été.

Il en est donc des Khelouatlya d'Afrique comme de ceux d'Asie : on ne saurait les regarder comme formant une grande confrérie. Ils représentent uniquement, sauf quelques fractions, l'école religieuse d'une « Voie » — Triqâ. Cette école, dans la première contrée, a reçu

l'empreinte des doctrines les plus diverses, et dans la seconde, s'est divisée à l'infini, après une courte période d'union.

Tous néanmoins ont conservé un lien commun : la règle instituée par Ibrahim el Zahed, Mohammed et Omar el Khelouati, qu'ils suivent encore, au moins dans ses gi-andes lignes. Ceux qui se rattachent aux Bekriya doivent même une affinité réelle à la tradition créée par Sidi Mostefa el Bekri, dont le formulaire de prières : « Aourad Sid el Bekri, » est encore, parmi eux, d'un usage exclusif. Seuls, les Rahmaniya font exception et se sont complètement détachés de l'ordre primitif, autant au point de vue doctrinaire qu'au point de vue hiérarchique.

On a vu que, dès la première période de leur développement en Asie, les Khelouatiya avaient fondé des succursales en Arabie. Après être restés stationnaires dans cette région du ixe au xii^ siècle, ils y créèrent de nouveaux établissements, lors du mouvement d'expansion provoqué en Afrique par Sidi Mostefa el Bekri.

Il avait successivement envoyé au Soudan Cheikh Semman, Cheikh el Cherkaoui et Cheikh el Saoui pour propager la foi islamique parmi les populations du pays, encore idolâtres sur beaucoup de points. Plus tard. Cheikh el Hafnaoui s'y fit à son tour représenter par Sidi Abd er Rhaman bou Qpbrein.

Tous quatre, suit à Taller, soit au retour, firent de longs séjours au Yémen et dans le Hedjaz. Ils en profitèrent pour fonder des zaouiya destinées aux pèlerins de l'ordre venant du Soudan ou de l'Egypte, et pour propager en même temps sur place les doctrines de leur maître.

Après la mort de ce dernier, chacun d'eux chercha à rattacher ses propres disciples à la branche dont il devint le chef, sauf Sidi Abd er Rhaman qui, bien qu'ayant poussé ses voyages jusqu'aux Indes, n'avait pu établir son influence sur des bases aussi durables.

Cheikh Cherkaoui réussit à conserver de nombreux serviteurs religieux au Soudan et quelques-uns au Yémen , où, les Saouiya sont également fort nombreux. Au Hedjaz, ses efforts restèrent, au contraire, infructueux, et bien qu'il soit mort à La Mecque pendant un voyage, sa branche est presque éteinte dans le pays. Seul Cheikh Semman, qui revint souvent en Arabie, laissa une congrégation florissante au Yémen et au Hedjaz. Populaire parmi les habitants de la côte surtout, il créa d'importantes zaouiya dans les principaux ports, et, actuellement encore, quatre de celles qu'ont les Khelouatiya à Djeddah^ se considèrent comme Semmaniya. Elles sont indépendantes des autres et relèvent d'un cheikh el Sedjada spécial.

Les autres groupes issus des Bekriya ne paraissent pas avoir eu recours à une propagande intensive en Arabie. Toutefois, l'influence morale du chef des Derdiriya, Sid Ahmed-el-Derdir, dont le prestige est resté très grand dans tout l'Orient, ne tarda pas à se faire sentir à La Mecque et à Médine. S'il n'y créa pas de succursales de sa confrérie, il eut néanmoins de bonne heure des partisans dans ces deux villes , et sa doctrine n'a pas cessé d'y être en honneur. Qiiant aux Lessiya, Deifiya et Mesellemiya, petites branches locales sans importance, même en Egypte, leur réputation n'a guère dépassé les environs du Caire, et ils n'ont jamais eu en Arabie ni adeptes, ni zaouiya.

Les Khelouatiya du Hedjaz ont ainsi une double origine. Les uns se rattachent aux congrégations asiatiques de l'ordre, les autres au Bekriya d'Egypte. Jusqu'au commencement du siècle, ils restèrent divisés en nombreuses fractions indépendantes. Ils ont reçu depuis une organisation hiérarchique, commune à toutes, sauf les Semmaniya, qui, ainsi que nous venons de le dire, sont isolés. Mais leur groupement dans chaque ville, sous l'autorité du Cheikh el Troûq, n'a pas pour conséquence une unification correspondante de leurs doctrines; presque toutes leurs zaouiya suivent des règles canoniques différentes.

Ces établissements sont fort nombreux : à La Mecque

on en compte douze ', et à Djeddah huit 2, outre ceux des Semmaniya 3.

La plupart sont exclusivement des centres d'enseignement et fort peu ont une affectation hospitalière. En effet, les Khelouatiya, en raison de l'origine de leur ordre et aussi de règles particulières qui proscrivent le

1. Cheikh el Sedjada actuel : Mohammed Salah ibn Sid Mohammed el Marokchi, qui est en même temps Cheikh el Troûq.

Moqaddem actuels :

Salah ben Moussa el Ok'ili (frère d'un Moqaddem des Erairghaniya).

Cheikh el Bekri ibn Abd er Rhaman Chali.

Cheikh Mohammed Moudjahid.

Cheikh Hossein Ibn Mahmoud Abou Zéid.

Sid Hachem ibn Sied Mohammed Salah.

Sid Mohammed Nas'er.

Cheikh Ahmed ben Mahmoud Abd Rebbihi.

Cheikh Ahmed Moh' ader.

Cheikh Ahmed Achmouni.

Cheikh Abd er Rahman ben Mahi ed Dine Sekkat.

Cheikh Mohammed el Mek' iribi.

Cheikh Mahmmed el Sebbagh.

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