‹ Les confréries musulmanes du Hedjaz [microform]Chapitre 20 sur 52 · Moqaddem : Cheikh Ali Seddik el Fassi · texte numérisé non relu

Moqaddem : Cheikh Ali Seddik el Fassi

Cheikh Mohammed a conservé la haute direction de sa zaouiya, bien qu'elle relève aussi du Cheikh el Troûq. Il en emploie le Moqaddem et les agents inférieurs, avec lesquels sa correspondance est des plus actives, pour se tenir au courant de tous les bruits en circulation dans la ville sainte, de toutes les nouvelles qu'y apportent les pèlerins d'Afrique ou d'Asie.

L'importance numérique de la branche locale qui s'est séparée des Madaniya, au Hedjaz, est notablement plus considérable.

Son fondateur, Sidi Mohammed ibn Mohammed ibn Messaoud ibn Abd el Rahman el Fassi, originaire de Fez comme son nom l'indique, vint s'établir d'assez bonne heure en Tripolitaine. Disciple de Sidi Mohammed ben Hamza el Madani, il occupait un rang élevé dans la confrérie, lorsque les circonstances l'amenèrent à faire un long séjour à La Mecque, où il se rendit vers 1850. Quelques prédications lui ayant donné une certaine notoriété dans cette ville, il se décida à s'y fixer et plus tard, l'attitude prise par les fils de son maître le détermina à rejeter leur autorité. Ses tendances, en effet, étaient restées Chadeliennes. La plupart des prosélytes qu'il avait faits dans le pays, Derqaoua Madaniya d'abord, le suivirent, et formèrent ainsi la nouvelle confrérie des Rahmaniya Chadeliya.

II ne paraît pas qu'Abd Er Rahman el Fassi ait

recherché la popularité de manière à susciter les méfiances des Eulema. Il sut au contraire rester en bons termes avec eux. Mais son influence ne s'en répandit pas moins rapidement dans le pays même, aux Indes où les pèlerins emportèrent sa règle, dans la partie méridionale de la Syrie, et dans l'Irak Arabi. Au retour d'un voyage dans ces dernières régions, il bâtit à La Mecque, vers 1857, une zaouiya importante, puis alla prêcher sa doctrine aux tribus de la côte sud-ouest de. la mer Rouge, à Massouah, notamment, où il laissa, comme Khalifat, le cheikh Ahmed el Hadjouni el Ghafrouni.

Après un séjour de quelque durée dans ces parages , le chef des Rahmaniya, revint au Hedjaz et entra alors en relations avec l'émir Abd-el-Kader pendant un pèlerinage de celui-ci, qui se fit affilier à l'ordre. Sidi Abd Er Rahman accompagna son illustre néophyte à El Taïf, lors de son départ, et continua d'entretenir avec lui des rapports firéquents. Il alla même le voir à Damas vers 1868, en se rendant à Constantinople pour obtenir le règlement de quelques difficultés, suscitées par les autorités turques du Hedjaz.

Non seulement ses démarches fiirent couronnées d'un plein succès, mais le gouvernement ottoman lui alloua même quelques subsides, qui lui permirent d'agrandir sa zaouiya de La Mecque.

Ce fut son dernier voyage lointain. Jusqu'à sa mort, en 1878, il ne quitta plus la ville sainte, que pour visiter les établissements fondés par ses disciples dans la province.

Actuellement, les Rahmaniya ont dans le Hedjaz : trois zaouiya à La Mecque i , une à Médine 2, et une à El Taïf 3. Toutes reconnaissent pour chef spirituel Cheikh Mohammed Nour ibn Chaban el Mograbi, déjà Khalifat du fondateur de la confrérie, du vivant de celuici et qui en même temps Moqaddem des Chadeliya. Mais son grand âge l'empêchant de donner une direction assez énergique à la confrérie, les branches étrangères se sont rendues indépendantes, notamment celle de Massaouah, qui sous le vocable Ghafrouniya, du nom de son premier chef, paraît avoir fait de rapides progrès parmi les tribus du pays, jusqu'à Souakin.

Le rôle des Rahmaniya purs est donc limité au Hedjaz. Confrérie locale, ils n'y ont par cela même qu'une importance restreinte, et là, du moins, semblent se

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