‹ Les confréries musulmanes du Hedjaz [microform]Chapitre 36 sur 52 · I . Moqaddem actuel : Cheik Djellal abd er Rahim · texte numérisé non relu

I . Moqaddem actuel : Cheik Djellal abd er Rahim

fraction qui le représente n'a cependant qu'un rôle effacé, dans les villes saintes.

EMIRGHANIYA

L'ordre des Emirghaniya, ainsi appelé d'un surnom patronymique de son fondateur, Mohammed Otliman el Emirghani, ou mieux Emir Ghani, a une importance particulière. Très répandu en Arabie, dans tout le bassin de la mer Rouge et au Soudan Egyptien, il se distingue par la rapidité de son évolution, et par son rôle durant les dernières années. Enfin, son origine lui a fait prendre, dès le début, une attitude politique hostile aux Senoussiya.

Mohammed Oihman el Emir Ghani naquit au commencement du 13e siècle de l'Hégire, en 1208, dans le petit Ksar de Salamat, près d'El Taïf, au Hedjaz. Ses ancêtres, Chorfa des Oulad Lalla Fathma Zohra, avaient été s'établir dans le Turkestan,- où sa famille resta fixée pendant plusieurs générations. Elle revint ensuite à La Mecque. Mais des rivalités avec le grand Chérif, la forcèrent de s'exiler et d'aller se créer un nouvel établissement aux Indes, où elle eut pendant longtemps une grande situation. Revenue au Hedjaz, elle s'était

définitivement installée, en partie à La Mecque, en partie à El Taïf, où résidait Sid Mohammed Abi Beker, le père du chef des Emirghaniya.

Dans sa vieillesse, disent ses biographes, Mohammed Othman, qui était court, trapu et très brun de peau, portait une longue barbe d'un blanc étincelant, assez touffue pour s'étendre jusqu'aux épaules. Il avait une physionomie caractéristique : les pommettes colorées, un nez proéminent que l'éclat de ses yeux empêchait de remarquer. Tout dans son ensemble dénotait une grande vigueur, jointe à une haute intelligence et à une bienveillance naturelle.

Fort jeune, il avait montré des aptitudes remarquables et avait pris rang de bonne heure parmi les docteurs les plus savants de son temps, ainsi qu'en témoigne la longue liste de ses ouvrages, i Les pratiques pieuses, celles du Soufisme surtout, le passionnèrent de bonne heure et le jetèrent dans le mysticisme extatique. Initié tour à tour à la règle des Nakechabendiya, par le Cheikh

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