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Avons-nous besoin d’ajouter qu'en France les servitudes de la loi-Ferry ont été combattues à outrance, comme lont été ici les servitudes de la motion-Masson. Les évêques, la presse religieuse, les sénateurs et les députés catholiques dénoncèrent cette loi, et luttèrent avec intrépidité contre son adoption. À la Chambre des députés, ce furent MM. Emile Keller, de la Bassetière et Ferdinand Boyer qui dirigèrent l’attaque ; Mer Freppel et M. de Mun n'étaient pas encore dans l Assemblée en ce moment. Au Sénat, ce fut M. Chesnelong qui porta au projet de loi néfaste les coups les plus terribles. T'illustre orateur catholique prononça deux grands discours pour la défense des congrégations enseignantes. Il disputa le terrain pouce par pouce à M. Jules Ferry, ministre de lInstruction publique. Le 31 mars 1881, il proposa ce qui suit comme amendement au
fameux article premier déjà cité :
‘ Le brevet de capacité peut toutefois être suppléé par le certificat de stage dont il est parlé à l’article 47 de la loi du 15 mars 1850, par le diplôme de bachelier, par un certificat constatant qu’on a été admis dans une des écoles spéciales de l'Etat ou par le titre de ministre, non interdit ni révoqué, de lun des cultes reconnus par l'Etat.
Les lettres d’obédience tiendront lieu du brevet
de capacité aux institutrices appartenant À des congrégations religieuses vouées à l’enseignement et reconnues par l Etat.”
C'était le maintien des équivalences garanties par la loi de 1850. M. Jules Ferry repoussa naturellement cet amendement que M. Chesnelong appuya et développa dans un admirable discours. Nous avons déjà cité quelques extraits de cet éloquent plaidoyer. On nous permettra de reproduire encore un magnifique passage relatif à la lettre d’obédience
et au brevet de capacité :
‘ Voici une aspirante qui vient d'entrer dans une congrégation. Elle doit passer d’abord trois années dans un noviciat. Là on forme la religieuse ; mais Mouésion prépare l'institutrice SEL A URRNARENS
Direz-vous que rien ne vous répond du sérieux de ces épreuves? Mais tout, au contraire, nous donne à cet écard une sécurité absolue : d’abord le caractère de la supérieure, le sentiment du devoir religieux qui l’anime et la préserve de complaisances intéressées, et aussi l'intérêt bien entendu de l’œuvre, le désir et la nécessité de mériter et de justifier la confiance des familles, ce noble esprit de corps qui fait que tous les membres d’une congrégation sont jaloux de son honneur et de sa bonne renommée, le dévouement à l’enfance attesté par une vie de sacrifices, où il n’y a place que pour les joies austères
ER 1 A du devoir. Voili les garanties que vous trouverez dans la lettre d’obédience. En vérité, lorsque vous
voulez La remplacer par Le brevet de capacité, vous lâchez la proie pour l’ombre.”
M. Chesnelong citait ensuite cette parole frappante
de M. Saint-Mare-Girardin, un universitaire éminent :
‘ Les noviciats des communautés étant de véritables écoles normales, il est réellement satisfait aux conditions du droit commun par la justification de la lettre d’obédience.”
Il évoquait les grands noms de MM. Guizot, Cousin, Salvandy, Villemaimn, ministres de lInstruction publique, qui tous avaient respecté la lettre
d’obédience.
Vains efforts ! Toute cette éloquence, toute cette logique, toute cette forte et lumineuse argumentation étaient déployées eu pure perte. Le mot d’ordre était donné, les loges avaient parlé, M. Jules Ferry fit voter sa loi par la majorité opportuniste et radicale concentrée une fois de plus sur le
terrain de la guerre à l'Eglise.
Maïs nous qui connaissions ces combats, ; nous qui savions quels inconvénients, quelles entraves et
quels dangers futurs recélait la motion de l'honorable
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M. Masson, nous qui nousrappelions que le joug de l'examen et du brevet imposé aux congrégations enseignantes avait eu pour auteur en France le fameux inventeur de article 7, devions-nous accepter 11 l’imposition de ce joug sous prétexte qu'il nous était proposé par un chrétien sincère, par un homme digne d'estime et de respect ? Non, sans doute ! Qu’importent les hommes lorsqu'il s’agit de
principes et de doctrines ?
Mon collègue, M. Crépeau, et moi, nous avons donc résolu de combaftre la motion de l’honorable M. Masson, avant même de savoir quelles étaient les vues de NN. S$. les évêques ; nous étions décidés à la repousser pour toutes les graves raisons qui ont été énumérées dans ces articles. L’amendement qui a été présenté a été préparé par nous seuls, et seuls nous en avons et nous en revendiquons Pentière responsabilité d'auteurs. Nous l’avons proposé, nous Pavons appuyé d'arguments qui nous paraissaient convainquants. Ces arguments ont été développés au long dans les colonnes de ce journal. Et ici on nous permettra d’en ajouter un que nous n'avons pas encore exposé : Dans la province 4’Ontario, protestante, les congrégations enseignantes catholiques ne sont pas soumises au brevet de capacité ;
dans la catholique province de Québec, on voulait
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faire poser par le Conseil catholique de l’Instruction publique un précédent dont le contre-coup pouvait
ôtre désastreux pour nos frères de là-bas.
Nous n'avons pas voulu établir ce précédent et, par une démarche imprudente autant qu’injuste, ouvrir peut-être la porte à des persécutions et à des tracasseries nouvelles contre les minorités catholi-
ques des province protestantes.
C’est sous l'empire de toutes ces considérations que nous avons proposé notre amendement. Nous
croyons convenable de le reproduire textuellement,
vu qu'il a été quelque peu défiguré :
M. Eugène Crépeau, secondé par lhonorable Ths Chapais, propose en amendement :
‘ Attendu que la loi, article 1959 des Statuts ‘ refondus de Québec, qui oblige toute personne ‘ désirant se livrer à l’enseignement à subir un ‘ examen et à se munir d’un brevet de capacité, recoit ‘* une exception par Particle 1960, qui exempte tous ‘ prêtres, ministres du culte ou ecclésiastiques, ou ‘ personnes faisant partie d’un corps religieux ‘ enseignant, et toutes personnes du sexe féminin ‘faisant partie d’une communauté religieuse, de “ l'obligation de subir tel examen et d’obtenir tel ‘ brevet de capacité ;
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“ Attendu que cette loi est en force depuis plus ‘ de quarante-cinq ans et qu'aucune plainte régulière; n’a jamais été portée devant ce Conseil contre cette loi, ni contre la manière dont elle a fonctionné ; mais qu'au contraire elle à donné généralement ‘ satisfaction.
‘ Qu'en conséquence et en toute justice pour ces corps et communautés, ce Conseil ne croit pas qu'il y ait lieu de recommander l’adoption des amendements suggérés par la motion principale. ”
Nous donnons aussi le vote qui à été publié
inexactement par certains journaux :
Pour L'AMENDEMENT : —Mor l'archevêque de Jyrène, Mgr l'archevêque de Montréal, Mgr l’archevêque d'Ottawa, Mgor l’évêque de Trois-Rivières, Mgr l’évêque de Sherbrooke, Mgr l’évêque de Saint- Hyacinthe, Mgr l’évêque de Nicolet, Mer l’évêque de Chicoutimi, Mgr l’évêque de Valleyfield, Mer le vicaire-apostolique de Pontiac, Mer Benjamin Paquet, représentant Mer Pévèque de Rimouski, M. Eugène Crépeau et l’honorable Ths Chapais. (13).
CoxTRe :—L'honorable L.-R. Masson, l'honorable juge Jetté, l'honorable IT. Archambault, l'honorable F. Langelier, M. P. S. Murphy, M. IL-R. Gray, M. le docteur Leprohon et le Surintendant, (8).
La motion principale est rejetée sur la même division.
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Voilà ce que nous avons fait, voilà pourquoi nous l'avons fait. Nous savions que cette attitude nous vaudrait des attaques. Ces attaques sont venues, et elles ont provoqué Îles présents articles qui ne sont qu'une réponse à divers. Nous avons appuyé l’amendement de notre collègue AT. Crépeau, amendement qui à eu l'honneur de recevoir le vote unanime de Pépiscopat. Nous prendrions encore la même attitude demain, s’il se présentait une occasion analogue. Et nous aflirmons que nous avons avec nous l’opinion éclairée, la saine opinion publique, celle qui compte,
qui pèse et qui-demeure.
Qu’importent les criailleries, les ridicules “et x , à s ® y 2 e e e , creuses déclamations, les méprisables injures d’une poignée de folliculaires et d’aboyeurs au cléricalisme qui n’ont n1 doctrines ni lettres, qui parlent avec fracas de lumières et de science et qui ne connaissent rien ni en histoire, ni en philosophie, ni en littérature ; qu'importent ces apôtres de l'instruction