‹ Les congrégations enseignantes et le brevet de capacitéChapitre 9 sur 13 · TEA · texte numérisé non relu

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le vu de la lettre particulière d’obédience qui lui aurait été remise par le supérieur général de celle À laquelle il appartenait. Iln’y avait, selon mot, dans cette dispense d’un nouvel examen ascordée aux membres des associations religieuses que l’État avait formellement reconnues et autorisées pour l'éducation populaire, rien que de parfaitement juste el convenable, et je l’aurais volontiers écrite dans mon projet de loi ; mais elle eût été certainement repoussée par le publie de ce temps et par les Chambres. (Mémoires, OL MD: 007)

Cette opinion de M. Guizot est d’un grand poids, eta été citée plus d’une fois dans les discussions

ultérieures.

On sait combien les catholiques firent d’efforts : pour conquérir la liberté d’enseignement, sous la monarchie de juillet. Qui ne connaît cette glorieuse campagne dont Montalembert, Mgr Parisis, Louis Veuillot, l'abbé Combalot, Mgr Dupanloup, alors simplement lPabbé Dupanloup, furent les héros ? Petit à petit, ils ébranlèrent l’opinion et formèrent une armée vaillante et redoutable par la discipline et l’ardeur. Les mandements des évêques, les discours de Montalembert, les brochures de Mgr Parisis et de l’abbé Dupanloup, les articles de Louis Veuillot avaient ouvert une large brèche dans le

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monopole universitaire, lorsque la révolution de 1848 éclata. |

En face de cette catastrophe, une foule d'hommes, imbus pourtant des principes du libéralisme révolutionnaire, comprirent quelle était la source du péril social, et s’efforcèrent d’enrayer le mouvement auquel ils avaient trop souvent contribué eux-mêmes. M. Thiers fut un de ceux-là, et quelles qu’aient été ses fautes et ses erreurs subséquentes, on ne saurait s’empècher de reconnaître qu’il rendit alors de grands

services à la société française.

La fausse direction donnée à l’instruction publique fut reconnue comme une des grandes causes du mal, et l’on résolut de faire une loi qui pût remédier, au moins dans une certaine mesure, aux iniquités et aux principes erronés des lois antérieures. C’est ainsi que la célèbre loi de 1850 prit naissance. On peut dire que ses principaux auteurs furent MM. de Falloux, de Montalembert, Thiers et Dupanloup. Cette loi n’était pas parfaite, et bien des catholiques soutinrent qu’elle n’allait pas assez loin dans le sens de la liberté de l’enseignement. (1) Mais telle qu’elle

était, elle réparait bien des injustices, elle consacrait

(1) Louis Veuillot, entre autres, fit ressortir avec sa verve puissante quelques-unes des lacunes de la loir.

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bien des principes vrais, elle marquaït un incontes-

table progres.

Ce fut cette loi, fruit de discussions ardues et de ?

longs travaux, qui garantit formellement les équivalences légitimes en faveur des congrégations ensel gnantes. On y stipula que le brevet de capacité pourrait être suppléé par le certificat de stage, ce qui était tout en faveur des Frères. En effet, ceux-e1, dorénavant, pouvaient, durant le noviciat ou après, | STORE SEINS ô se préparer sous un Frère instituteur, en enseignant ° ° É , \

comme adjoint dans une de leurs écoles, et, après trois ans, un certificat du stage fait de cette manière suppléait au brevet de capacité. Cette équivalence était décrétée par l’article «#7 de la loi, qui reconnaissait aussi comme équivalence le diplôme de bachelier, le certificat constatant qu’on avait été admis à l’une des écoles spéciales de l'Etat, et le titre de ministre du eulte. Enfin, l’articlé 49 de cette loi de 1850

reconnaissait nettement la lettre d’obédience :

‘ Les lettres d’obédience tiendront lieu du brevet de capacité aux institutrices appartenant à des

congrégations religieuses vouées à l’enseignement

et reconnues par l’Etat,. ?

Comme on le voit, la loi de 1850, à laquelle

avaient concouru des catholiques éminents comme

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Montalembert, le comte de Falloux, Roux-Lavergne, Mgr Parisis, l'abbé Dupanloup, Henri de Riancey, des libéraux et des universitaires cemme MM, Thiers, Cousin, Saint-Mare Girardin, ete., cette loi votée dans }Asssemblée Législative de la deuxième République, par une majorité où siégeaient Odilon Barrot, Dufaure, de Tocqueville, Berryer, cette loi consacrait la juste et salutaire doctrine des équivalences, restreignait la sphère du brevet de capacité, et garantissait la liberté d'action des congrégations

enseignantes.

Et ce n'étaient pas les catholiques seuls qui avaient demandé et obtenu cet acte de justice. Un de ceux qui s'étaient montrés le plus véhéments dans la guerre au brevet de capacité, c'était M.

Thiers lui-même.

Voici ce que disait cet homme d'Etat, qu’on n’accusera pas de cléricalisme, dans une séance de

la commission préparatoire :

Quant aux brevets de capacité et de moralité, j'avoue qu’ils ne me rassurent pas contre le mal, et ne me paraissent pas de nature à empêcher aucun Raspail de tenir une maison d'éducation ; ces brevets sont, suivant moi, une illusion le plus souvent ; cependant, je veux bien qu’on les maintienne, et je voterai même dans ce sens. Toutefois, comme je

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désire avant tout le développement des congrégations religieuses dans l’enseignement, et qu’il est résulté pour moi de l'enquête, la preuve que l’exigence de ces brevets peut être pour elles une gêne, je voudrais que toute congrégation religieuse, régulièrement élablie, bien entendu, fût dispensée d’oblenir, pour chacun de ses membres, des brevets de capacité et de moralité ; pareille exigence me paraîtrait au surplus complètement inutile, car il est certain que la congrégation, du moment où elle à inspiré à l’Etat assez de confiance pour être autorisée à tenir des écoles, ne confiera l’enseignement qu’à des personnes capables et morales. Obj ecterait-on que cette dE violerait le droit commun ? Mais, de même que notre

ancienne loi électorale reconnaissait des électeurs à cens réduit, tels par exemple les membres de l’Ins-

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